La spirale mortifère de la militarisation des frontières

En faisant primer le contrôle et la répression sur les droits humains, la faillite morale de l’Europe est immense.

Fanélie Carrey-Conte  • 17 juillet 2022 abonné·es
La spirale mortifère de la militarisation des frontières
Au centre de rétention administrative de Rennes.
© Jérémie Lusseau/Hans Lucas/AFP

Le monde a toujours été, et sera toujours, un monde de migrations. S’il est important de rappeler que la grande majorité des mouvements migratoires se déroulent à l’intérieur des États (on estimait à 740 millions le nombre de migrants internes en 2009), environ 280 millions de personnes ont franchi en 2020 une frontière pour s’installer dans un pays autre que celui de leur naissance, soit 3,6 % de la population mondiale (1).

Contrairement à ce que nombre de discours actuels pourraient laisser croire, la majorité de ces migrations ne s’effectuent pas du Sud vers le Nord : 60 % d’entre elles s’effectuent entre pays de même niveau de développement (entre pays développés ou entre pays en développement) (2). Mais les pays du Nord vivent de plus en plus ces mouvements comme une menace, ce qui les conduit à mettre en œuvre des politiques toujours plus insensées et mortifères pour les freiner. Les parcours d’exil se heurtent ainsi toujours davantage aux barrières – matérielles comme immatérielles – et aux violences qui s’y déploient.

Des parcours de plus en plus périlleux

Maroc, Libye, Niger, Mauritanie, Turquie, Ukraine, Serbie… Pays de départ, pays de transit, pays d’accueil par

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 12 minutes