« Totalement inconnu » de Gaëlle Obiégly : un exercice de vérité

Gaëlle Obiégly déroule une conférence fantasque et sérieuse sur la possibilité de connaître ce qu’on n’a pas encore vécu. La mort, par exemple.

Christophe Kantcheff  • 24 août 2022 abonné·es
« Totalement inconnu » de Gaëlle Obiégly : un exercice de vérité
© Gaëlle Obiégly propose une nouvelle fois un texte merveilleusement singulier. (Photo : Arnaud Delrue.)

Relevée dans Mon prochain, un des précédents livres (1) de Gaëlle Obiégly, la phrase suivante fait figure de talisman en période de « rentrée littéraire » (les guillemets sont de rigueur quand il s’agit avant tout d’une rentrée éditoriale) : « Écrire, ça ne peut être émancipateur que si on emmerde les normes. » Depuis une dizaine d’opus, Gaëlle Obiégly « emmerde les normes » avec ses textes merveilleusement singuliers, libérant du même coup son lecteur des carcans de la littérature en vogue, avec ses « gros » sujets de société et leur traitement néonaturaliste.

C’est encore le cas avec Totalement inconnu. La ­narratrice s’adonne à une conférence excentrique, prenant moult chemins de traverse, et dont on peut se demander a priori quelles en sont les thématiques. En voici l’incipit : « Ce que j’ai à dire est assez compliqué. J’espère me faire comprendre. En même temps, ce n’est pas grave si on ne me comprend pas. Du moment qu’on m’écoute. » La cocasserie est de mise, qui peut cacher un temps de quoi il va être question.

La narratrice n’est pas une conférencière

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Littérature
Temps de lecture : 5 minutes