Bretagne : après le feu, ramener la vie

2 200 hectares sont partis en fumée dans les monts d’Arrée cet été. Depuis la rentrée, un comité constitué d’autorités, d’organisations et d’habitants se penche sur les solutions pour remettre les landes en état et prévenir de futurs incendies.

Mathilde Doiezie  • 30 novembre 2022 abonné·es
Bretagne : après le feu, ramener la vie
Georges Issac participe aux actions de réhabilitation des terres calcinées.
© Mathilde Doeizie

Un mont Saint-Michel s’élève aussi en Bretagne. Au cœur du Finistère et des monts d’Arrée, 381 mètres d’altitude, le mont Saint-Michel de Brasparts offre un panorama sur les landes et les tourbières alentour. Ce paysage abrite une faune et une flore typiques, comme le courlis cendré avec son long bec ou les grandes touffes de molinie bleue. « On a l’impression d’être sur une autre planète, en Irlande ou en Turquie, nous disent souvent les gens de passage », décrit Georges Issac, 84 ans, ancien professeur et formateur à la retraite, né au pied de cette colline et revenu y vivre au milieu des années 1990.

En cette fin d’octobre, les bourrasques et les trombes de pluie donnent un côté cafardeux au paysage, qui ajoute à sa désolation : les arbres et les landes sont calcinés à des centaines de mètres à la ronde, la terre est noircie de cendres. Fin juillet, des feux se sont déclenchés, déclarés éteints début septembre. Au total, 2 200 hectares sont partis en fumée. Soit un cinquième du site Natura 2000 des monts d’Arrée.

Ce vaste ensemble de landes a déjà connu des incendies par le passé. En 1976, 5 000 hectares avaient brûlé. « J’étais là et j’ai vu le feu démarrer », se souvient Georges Issac. D’autres de moindre envergure ont aussi défiguré cet espace en 1996, 2006 et 2010. Cet été, les flammes sont venues s’arrêter à quelques dizaines de mètres de l’habitation de l’octogénaire, qui a dû être évacué pour la première fois.

Avec les fortes chaleurs et les sécheresses qui se multiplient en raison du réchauffement climatique, la lande est une poudrière.

Deux enquêtes sont toujours en cours pour en déterminer les causes, dont l’une pour « destruction volontaire par incendie », les feux ayant « de manière certaine une origine humaine », a déclaré fin juillet la procureure de

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Écologie
Temps de lecture : 8 minutes

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