« Harlem Shuffle » : la ville mosaïque
Colson Whitehead brosse un portrait subtil du Harlem des années 1960 et des dichotomies sociales et politiques qui divisent le quartier.
dans l’hebdo N° 1741 Acheter ce numéro

© Remco Koers / ANP MAG / ANP via AFP.
Colson Whitehead est un artiste éclectique. En vingt ans, son œuvre s’est développée autour de textes aussi variés qu’un roman de science-fiction, son premier, L’Intuitionniste, en 1999 ; un texte sur des zombies, Zone 1, en 2011 ; un ouvrage mêlant histoire et fantastique, Underground Railroad, en 2016, qui lui valut son premier prix Pulitzer ; et un texte plus ancré dans le documentaire, Nickel Boys, en 2020, pour lequel il reçut un deuxième prix Pulitzer.
Entre ces genres, Whitehead réinvente son style d’écriture. Il s’amuse avec les mots, se jouant parfois d’une approche littérale de la langue, à l’image du travail réalisé dans Underground Railroad, un ouvrage qui prend l’expression de son titre au pied de la lettre, faisant du réseau clandestin emprunté par les esclaves pour fuir leur condition une ligne réelle de chemin de fer.
Au cours de sa carrière, Colson Whitehead s’est intéressé à des périodes historiques comme la ségrégation ou l’esclavage et a usé de la fiction pour interroger les fondements racistes de la société américaine. Dans ses textes, on trouve également une réflexion sur les lieux, allant de la ville du futur à la maison d’arrêt de Nickel Boys.
L’écrivain s’interroge sur notre relation à l’espace et ce n’est pas un hasard si, deux mois après les attentats du 11 septembre 2001, il avait publié
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