« Venez voir » de Jonás Trueba : supportable, la légèreté de l’être ?
Le cinéaste espagnol met en scène deux couples amis pour s’interroger sur le rapport que nous avons au réel. Subtil et profond.
dans l’hebdo N° 1739 Acheter ce numéro

© Los Ilusos Films
Qui a vu Eva en août (2020), le joli film qui a révélé Jonás Trueba en France, sait que le cinéaste madrilène aime à prendre son temps. C’est le cas dès l’ouverture de Venez voir : la caméra s’attarde sur le visage d’Helena (Itsaso Arana, qui interprétait déjà Eva). Avec son compagnon, Dani (Francesco Carril), et un couple d’amis, Susana (Irene Escolar) et Guillermo (Vito Sanz), elle assiste à un concert de jazz.
Par la grâce du visage de l’actrice, c’est comme si le spectateur assistait à l’imprégnation de la musique par l’être entier du personnage, comme s’il la sentait pénétrée par les ondes, par cette substance intangible que sont les notes de musique. Tel est précisément ce qui est au cœur de Venez voir : Qu’est-ce que le réel ? Comment se manifeste-t-il ? Comment l’appréhendons-nous ?
Au terme du concert, Susana et Guillermo annoncent à Helena et Dani qu’ils attendent un enfant et seraient ravis de les recevoir dans leur maison maintenant qu’ils habitent loin de Madrid. De retour chez eux, Helena et Dani sont déstabilisés. Même si c’est implicite (hormis le fait que Dani dit expressément qu’il ne souhaite pas avoir d’enfant),
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
« Twin Peaks » : merci pour le dérangement
« The Mastermind », Apocalypse now
« Me tourner vers mon arabité, c’est recouvrer mon intégrité »