Darmanin, l’idiot utile de Le Pen 

Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, part clairement en guerre contre toute opposition à sa politique répressive. Sa nouvelle cible : la précieuse Ligue des droits de l’Homme, fondée en défense du capitaine Dreyfus.

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Darmanin, l’idiot utile de Le Pen 
© Philippe Alès / CC BY-SA 3.0.

Sautant dans la foulée d’un sénateur qui n’a pas apprécié la présence de la Ligue des droits de l’Homme à Sainte-Soline, le ministre de l’Intérieur répond par une menace à peine voilée sur les subventions de l’État à la LDH et conclut par : « Effectivement, ça mérite d’être regardé. Mais je rappelle que beaucoup de collectivités locales les financent ».

Sur le même sujet : Politis soutient la Ligue des droits de l’homme

Pas besoin de s’interroger longtemps sur la sortie de Darmanin : aurait-il été emporté par sa fougue naturelle ou voulait-il, avec 2027 en perspective, séduire un public largement acquis à sa cause ? Les mots gardent tout leur sens et leur valeur. Ainsi la LDH serait donc, avec les « terroristes intellectuels d’extrême gauche », le nouvel ennemi intérieur !

La Ligue, dont la création remonte à l’affaire Dreyfus en 1898, a de tout temps porté la défense des libertés fondamentales, malgré le pouvoir en place et la répression dont elle fut l’objet, depuis sa défense des mutins de la Première guerre mondiale.

Politis qui, en collaboration avec la LDH, a publié un numéro hors-série sur les libertés fondamentales fin 2021, ne peut que clairement se trouver aux côtés de la Ligue, dont elle partage les combats pour la liberté et contre les discriminations.

Cette énième sortie du ministre de l’Intérieur pourrait sans doute ne rester qu’une simple anecdote si elle ne s’inscrivait pas dans une stratégie plus globale : la banalisation et la légitimation de l’extrême droite, que ce pouvoir autoritaire contribue à faire progresser.

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Mais quand le grotesque le dispute à la bêtise crasse, renvoyons le fanfaron de l’Intérieur à ses études et à Chateaubriand : « Il y a des temps où l’on ne doit dépenser le mépris qu’avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux. »


Par Patrick Maupin, président de l’association Pour Politis.

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