Avec Macron, seule la violence paierait-elle ?

Les mois de mobilisations contre la réforme des retraites n’auront rien changé au jusqu’au-boutisme du pouvoir, quand le gouvernement n’avait pas tardé à céder face à la mobilisation des gilets jaunes. Le philosophe Jacques Deschamps publie un Éloge de l’émeute, sans doute fatigué d’attendre…

Olivier Doubre  • 10 mai 2023 abonné·es
Avec Macron, seule la violence paierait-elle ?
Incidents place de la Nation à Paris, le 1er mai 2023.
© Delphine Lefebvre / Hans Lucas via AFP.

Il n’aura fallu que trois « actes », trois samedis de suite, de mobilisations des gilets jaunes en 2018 pour que le président Macron apparaisse sur les chaînes de télévision et dise : « Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies sans que rien n’ait été vraiment compris, sans que rien n’ait changé, nous sommes à un moment historique pour notre pays. »

Et de débloquer illico 10 milliards d’euros, une augmentation du Smic de 100 euros (sans que cela coûte au patronat, précisait-il !), l’annulation de la taxe sur les carburants et de la hausse de la CSG pour les petites retraites. En somme, plus rien ne devait plus être comme avant, selon le locataire de l’Élysée. Après quatre mois de mobilisations contre la réforme des retraites, ce discours prête à sourire (jaune) !

Sans doute sa petite promenade à pied le matin du dimanche 9 décembre sur l’avenue Kléber, l’une des plus chics de la capitale, l’avait-elle impressionné. À quelques dizaines de mètres de là, il avait pu lire les graffitis exigeant sa démission sur les piliers de l’Arc de triomphe.

Dans cette belle avenue, typique de l’époque de la splendeur de la bourgeoisie industrielle sous le Second Empire, bijouteries, traiteurs, restaurants raffinés, agences bancaires et immobilières avaient pour la plupart leurs vitrines brisées, leurs locaux dévastés, plusieurs ayant subi un début d’incendie. Tout le long des contre-allées, des Porsche, des Mercedes et autres BMW, , nombreuses dans ce quartier cossu, étaient détruites, retournées, incendiées. Les images feront le tour du monde.

Surdité

Devant un tel spectacle à quelques centaines de mètres de l’Élysée, Emmanuel Macron, flanqué de son ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et du préfet de police, le fanfaron Didier Lallement, affichait une mine sombre. Dans son allocution, il tenta donc d’éteindre l’incendie. Même s’il était déjà trop tard, puisque bon nombre des manifestants n’exigeaient plus seulement des mesures financières, mais bien des garanties d’expression démocratique, en premier lieu le fameux RIC, le référendum d’initiative commune, sinon la démission même de ce président hautain désormais honni par une bonne partie de la population.

Aujourd’hui, après treize manifestations massives contre la réforme des retraites à travers toute la France,

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