Un 1er Mai unitaire et historique

Entre 800 000 et 2,3 millions de personnes ont défilé dans les rues de l’Hexagone, hier, pour le 1er Mai. Dix fois plus que l’an dernier. En face : un pouvoir plus sourd que jamais.

Pierre Jequier-Zalc  • 2 mai 2023
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Un 1er Mai unitaire et historique
Paris, dans le cortège du 1er mai 2023.
© Lily Chavance

Dans ce 1er Mai, il y a comme un vent d’espoir et de revanche. Face à un gouvernement sourd et inflexible, entre 800 000 et 2,3 millions de personnes ont défilé dans les rues de l’Hexagone pour la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses. Une affluence près de dix fois supérieure à celle de l’an passé pour la même occasion.

Mais cette année, ils sont nombreux à battre le pavé aussi pour continuer de dénoncer ce report de l’âge légal de départ à la retraite jugé injuste et brutal. Et cela, malgré la promulgation de la réforme à la suite de la décision du Conseil constitutionnel, mi-avril.

Colère et rage

Pour la première fois depuis près de quinze ans, les organisations syndicales ont poursuivi leur dynamique unitaire pour marcher côte à côte dans une journée où, habituellement, chacun reste dans son coin. « Il y a un contraste saisissant entre ce qu’on voit depuis des mois dans la rue, avec une mobilisation unitaire, une population solidaire, et, de l’autre côté, un président de la République qui n’a jamais été aussi solitaire », commente, en amont du défilé parisien, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

C’est normal que certains passent le cap de la violence.

Cet exercice solitaire du pouvoir suscite d’ailleurs beaucoup de colère et de rage à l’égard d’Emmanuel Macron dans les cortèges. De plus en plus de slogans et de pancartes le visent nommément. Et, malgré des manifestations pacifiques dans l’ensemble, certaines ont toutefois été émaillées de violences dans plusieurs grandes villes.

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La colère et la rage se tournent contre Emmanuel Macron. À Paris, le 1er mai 2023. (Photo : Lily Chavance.)

« Comment se faire entendre par ce président autoritaire ? questionne Bastien, étudiant en sociologie, dans le cortège parisien. On a marché calmement pendant des mois et il ne s’est rien passé, c’est normal que certains passent le cap de la violence. » Car le constat est là. Malgré un 1er Mai unitaire et historique, porteur d’espoir pour l’avenir des luttes, l’exécutif n’a toujours pas reculé d’un centimètre sur sa réforme des retraites.


Les échéances à venir du mouvement

3 mai : Décision du Conseil constitutionnel autorisant ou non le référendum d’initiative partagée (RIP).

6 juin : Au lendemain du 1er Mai, l’intersyndicale appelle à une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle le 6 juin.

8 juin : Pour sa niche parlementaire, le groupe Liot a déposé une proposition de loi visant à abroger la réforme des retraites. Ce pourrait être la première fois que les députés votent sur le fond du texte.

Jusqu’au 14 juillet : Poursuite des concerts de casseroles et autres événements burlesques à chaque déplacement de l’exécutif.


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