« Pornomelancolia » : introduction à la solitude
Manuel Abramovich aborde avec tendresse la misère affective par le biais du milieu du X gay.
dans l’hebdo N° 1763 Acheter ce numéro

© Epicentre Films
Sur le papier, Pornomelancolia était un projet risqué. Comment, en plongeant l’action dans le milieu du porno gay au Mexique, faire un film sur la solitude des êtres dans le monde moderne capitaliste sans complaisance voyeuriste ni, à l’inverse, dénonciation pesante ? Pour son premier long métrage, le réalisateur argentin Manuel Abramovich réussit ce pari difficile. Il a pour personnage principal Lalo, formidablement interprété par Lalo Santos, lui-même sexe-influenceur et acteur porno, dont la rencontre avec le cinéaste a été déterminante dans la réalisation de Pornomelancolia.
Le film est ainsi une fiction nourrie par la réalité (ou le documentaire), exactement comme ce que pratique son personnage, Lalo. Celui-ci construit une projection fantasmée de lui-même sur les réseaux sociaux en héros gay, corps sexualisé à outrance. On suit en direct ses interactions sur son téléphone, lui étant seul, sur son lit, comme tous les soirs, sans autres liens que les messages primaires (concernant essentiellement son pénis)
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