« Défricheuses » et sœurs d’arme

Une exposition originale retrace l’épopée des vidéastes féministes des années 1970-1980 en les situant dans une perspective intersectionnelle et en regard avec des artistes contemporaines.

Jérôme Provençal  • 11 octobre 2023 abonné·es
« Défricheuses » et sœurs d’arme
Sophie Keir, Iran, 1979.
© Centre audiovisuel Simone de Beauvoir.

Proposée par la Cité internationale des arts, à Paris, l’exposition « Défricheuses. Féminismes, caméra au poing et archive en bandoulière » – dont le commissariat a été assuré en binôme par Nicole Fernández Ferrer et Nataša Petrešin-Bachelez – s’attache en premier lieu à évoquer les combats menés en France sur le front féministe durant les années 1970-1980 avec une arme technologique alors toute nouvelle : la vidéo.

Au cœur de ce foisonnant mouvement émancipateur se trouve le collectif des Insoumuses, impulsé au mitan des années 1970 par Delphine Seyrig, Carole Roussopoulos et Ioana Wieder – auxquelles s’adjoint parfois par la suite Nadja Ringart. Inséparablement activistes et vidéastes, les Insoumuses font corps avec leurs sujets, participent aux manifestations qu’elles filment et mettent leur médium au service des personnes devant leurs caméras. N’ayant pas d’yeux que pour la cause des femmes, elles s’engagent aussi dans d’autres luttes revendicatrices, notamment aux côtés de la communauté queer. Dans un cadre plus large encore, elles prennent position sur la torture, l’antipsychiatrie ou les conditions de détention des prisonniers et prisonnières politiques.

Créé en 1982 à l’initiative des trois Insoumuses originelles, le Centre audiovisuel Simone-de-Beauvoir conserve tout le corpus filmique du collectif ainsi que des vidéos d’autres réalisatrices ou collectifs. C’est à partir de ce précieux fonds d’archives que l’exposition s’est construite. Parmi les nombreuses vidéos présentées ici figurent Inês (1974), de Delphine Seyrig (son tout premier film), portrait vibrant de l’opposante politique brésilienne Inês Etienne Romeu, torturée en prison, Accouche ! (1977), de Ioana Wieder, critique virulente des

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Temps de lecture : 4 minutes

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