« La Danseuse », éloge d’une discipline

Patrick Modiano, prix Nobel 2014, reconstitue cette ambiance énigmatique présente dans tous ses livres et donne quelques indices pour comprendre son écriture.

Lucas Sarafian  • 29 novembre 2023 abonné·es
« La Danseuse », éloge d’une discipline
En creux, ce roman peut être lu comme le manifeste de l'écrivain.
© MARTIN BUREAU / AFP

Le dernier roman de Patrick Modiano pourrait être une sorte de résumé de toute son œuvre. L’atmosphère de Paris est mystérieuse, les personnages semblent suspects, le réel se mélange à l’imagination de l’auteur. Et le narrateur s’attelle à reboucher les trous de sa mémoire : « Le temps qui a brouillé les visages a gommé aussi les points de repère. Il reste quelques morceaux d’un puzzle, séparés les uns des autres pour toujours. »

Dans ce roman d’une centaine de pages où les très brefs chapitres se succèdent, le prix Nobel 2014 campe un narrateur fasciné par une danseuse qu’il a connue dans le passé. Elle ne sera jamais nommée. Dans les années 1960, elle répète ses ballets au studio Wacker, près de la place de Clichy, et prend des cours avec Boris Kniaseff, célèbre maître de ballet d’origine russe et inventeur de la méthode de la barre au sol. Le narrateur, lui, est une sorte de double de l’auteur. C’est un jeune parolier qui travaille pour l’éditeur Maurice Girodias et voit dans la pratique de la danse une discipline qui

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Littérature
Temps de lecture : 3 minutes