Les drogues, un calvaire de plus pour les migrants
Depuis le début de la crise sanitaire, des jeunes sans abri originaires d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb errent à la Guillotière, un quartier du 7e arrondissement de Lyon. Exploités par les réseaux de deal locaux, ils souffrent de graves addictions à des médicaments aux lourds effets secondaires.
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© Oriane Mollaret
Nigeria, 2019. Mustafa*, 16 ans, et sa bande de copains fuient l’école coranique où leurs parents les ont inscrits. Depuis huit mois, les garçons endurent les sévices courants dans ces établissements. Décidé à rejoindre l’Europe, l’adolescent traverse la Libye, où il est torturé, puis l’Italie, où il découvre le racisme. À l’hiver 2019, il échoue à Lyon. Mustafa se dit mineur, mais l’association Forum réfugiés, chargée par la Métropole de Lyon d’évaluer la minorité des jeunes migrants, retoque son acte de naissance. Le juge des enfants confirme cette décision. Le garçon tente alors sa chance à Grenoble, puis à Mâcon, en vain : la protection de l’enfance française ne le prendra pas en charge. Aujourd’hui, il passe ses journées à attendre que la vie passe, assis sur un banc de la place Mazagran, dans le quartier de la Guillotière, en plein cœur de Lyon. Contre quelques euros, il rend parfois de menus services aux dealers locaux. « Je n’ai jamais été heureux, ici ce n’est pas pire qu’ailleurs », lâche-t-il laconiquement.
« Zombies »Comme Mustafa, ils sont plusieurs dizaines de jeunes à errer à la Guillotière malgré le froid humide de
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