« Spells From the Drunken Sirens » : transports sonores

Adepte d’une musique foncièrement voyageuse, Orange Blossom publie son – très féminin – quatrième album.

Jérôme Provençal  • 20 mars 2024 abonné·es
« Spells From the Drunken Sirens » : transports sonores
Le groupe formé à Nantes carbure au désir de mêler électronique, rock et sonorités d’autres latitudes, notamment du Moyen-Orient.
© Ernest Mandap

Spells From the Drunken Sirens / Orange Blossom / Washi Washa, Warner

Formé en 1993 à Nantes, Orange Blossom explore un univers musical miroitant et fluctuant qui, bien au-delà de la Loire-Atlantique, puise à de multiples sources. Ayant sorti son premier album, Orange Blossom, en 1997, le groupe carbure au désir de mêler électronique, rock et sonorités d’autres latitudes, notamment du Moyen-Orient. Régulièrement sur la route, en France et ailleurs, il a aussi pas mal bougé de l’intérieur en trente ans d’existence.

Mexicain d’origine et Nantais d’adoption, monté à bord en 1995, le percussionniste et compositeur Carlos Robles Arenas s’est affirmé comme l’élément central, donnant le cap musical, à partir du deuxième album, Everything Must Change (2005). Présente depuis le troisième album, Under the Shade of Violets (2014), la chanteuse et parolière égyptienne Hend Ahmed en est, quant à elle, l’actuelle voix principale, une voix dont l’expressivité fervente n’a rien à envier à celle de Natacha Atlas ou de Yasmine Hamdan.

Orange Blossom vient de faire paraître son quatrième album, Spells From the Drunken Sirens, dix ans après le précédent. Dans l’intervalle, loin de rester inactif, le groupe – dont l’envoûtante chanson « Ya Sidi », extraite d’Under the Shade of Violets, a illustré le générique de la série Marseille, diffusée sur Netflix entre 2016 et 2018 – a continué à faire du live et à alimenter son processus créatif.

Voyageant de la Turquie à Cuba en passant par l’Égypte, le Mali ou le Sénégal, Carlos Robles Arenas a ainsi engrangé une riche matière sonore à partir de laquelle il a élaboré de nouvelles compositions. À l’arrivée,le disquedélivre trois morceaux instrumentaux et dix chansons, interprétées (en arabe, persan et portugais) par Hend Ahmed, Sandrine Monlezun, Nathalie Bernardini, Hend Elrawi et Maria Hassan.

Iridescent et grisant, rêveur ou agité, le contenu de l’album s’avère tout à fait raccord avec son titre, qui promet des « sortilèges de sirènes ivres », comme on le vérifie en particulier avec l’inaugurale « Dounia », la superbe « Alsira », l’impulsive « Mawj », la majestueuse « Bad Company » et l’« Ode » finale.

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Musique
Temps de lecture : 2 minutes