Tarana Burke, Me Too avant #MeToo

Dès 2006, l’Afro-Américaine crée aux États-Unis l’organisation Me Too contre les violences sexuelles, en particulier envers les femmes noires. La création du hashtag #MeToo sur Twitter en 2017 fera d’elle une figure majeure du mouvement.

Edward Maille  • 15 mai 2024 abonné·es
Tarana Burke, Me Too avant #MeToo
© Phillip Faraone / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le dimanche 15 octobre 2017, le vibreur du téléphone posé sur sa table de nuit réveille Tarana Burke. Une amie l’a identifiée dans un post Facebook. La publication reprend un tweet : « Si vous avez été sexuellement harcelé ou agressé, écrivez 'me too' en réponse à ce tweet. » Tarana Burke ne comprend pas ce qui se passe, d’où vient la publication, et pourquoi son amie la cite sans lui en avoir parlé, comme elle le raconte dans son livre autobiographique Unbound (2021, non traduit en français). Par message, son amie lui explique qu’elle n’est pas à l’origine de la première publication. Elle voulait seulement donner à Tarana Burke le mérite de l’expression « me too » (moi aussi).

Cela fait alors plus de dix ans que la militante œuvre pour libérer la parole et accompagner les victimes dans un processus de guérison. En 2006, elle a fondé l’organisation Me Too aux États-Unis avec cet objectif. L’association se consacre particulièrement aux violences sexuelles infligées aux femmes des minorités, statistiquement plus touchées. 20 % des Afro-Américaines sont victimes de viol au cours de leur vie, un chiffre supérieur à la moyenne des femmes en général, selon l’organisme de recherche Institute for Women’s Policy Research.

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Société
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