« All We Imagine As Light », libération douce
L’Indienne Payal Kapadia, récompensée par le Grand Prix du Festival de Cannes, filme trois femmes sur la voie de l’émancipation.
dans l’hebdo N° 1830 Acheter ce numéro

© Condor Films
All We Imagine as Light s’ouvre sur des images documentaires de Mumbay et de ses quartiers surpeuplés, qui attirent des masses d’Indiens issus pour certains de régions lointaines, venant ici chercher du travail, comme le rapportent en voix off des anonymes. « Mumbay absorbe le temps », dit l’un d’eux, comme si la cité était en elle-même une force écrasante, terrassante.
Puis on entre dans la fiction en suivant trois femmes. Ce sont d’abord Prabha (Kani Kusruti) et Anu (Divya Prabha), colocataires et collègues infirmières à l’hôpital. La première a été mariée il y a déjà longtemps à un homme qu’elle connaissait à peine et qui peu après la cérémonie est parti travailler en Allemagne, d’où il ne donne plus de nouvelles. Pour autant, Prabha ne s’autorise aucune vie affective. Anu, encore très jeune, connaît avec Shiaz (Hridhu Haroon) un grand amour interdit : s’ils l’apprenaient, ses parents rejetteraient immédiatement le jeune homme car il est musulman. La troisième femme
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