« Grande-Terre », post-scriptum caribéen
L’album posthume du trompettiste Roy Hargrove enrichit une discographie déjà éclectique et toujours enthousiasmante.
dans l’hebdo N° 1832 Acheter ce numéro

© Ice Boy Tell
En 1995, le trompettiste Roy Hargrove est invité à Cuba par le pianiste Chucho Valdés. Il est alors âgé de 26 ans et possède une solide carrière dans le monde du jazz. Né au Texas, Hargrove avait été repéré par Wynton Marsalis, trompettiste et futur directeur du Jazz at the Lincoln Center. Après un court passage à la Berklee School of Music et à la New School, il partage, à 17 ans, la scène avec Dizzy Gillespie ou Freddie Hubbard.
Le soir, à New York, Hargrove écume les clubs, toujours prêt à témoigner de sa virtuosité lors de jam-sessions. Le jeune musicien joue partout et tout le temps, seul ou avec son quintet (Stephen Scott au piano, Christian McBride à la contrebasse, Yoron Israel à la batterie et Antonio Hart au saxophone). À Paris, l’une de ses apparitions les plus explosives a justement lieu lors d’une jam-session improvisée.
En 1991, pendant un concert du saxophoniste Branford Marsalis au New Morning, une salle qu’Hargrove appréciera tout particulièrement, jusqu’à lui rendre hommage dans un morceau intitulé « Strasbourg/St. Denis », le trompettiste et certains membres de son quintet prennent la scène, prêts, comme l’ironise alors Marsalis, « à nous botter le derrière ». Le public est aux anges et la fougue de Hargrove, encore peu connue des Français, éclate comme une évidence.
En 1990, Roy Hargrove sort un premier album, Diamond in the Rough, puis quatre autres dans lesquels il explore les traditions du be-bop et du hard bop. En 1995, Parker’s Mood, enregistré en trio, est un hommage à Charlie Parker. Son jeu délicat et espiègle s’y impose et l’absence de batterie lui permet de développer les caractéristiques rythmiques de son phrasé.
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