« La généralisation de la contraception n’a pas permis une révolution sexuelle »

Dans son livre Des corps disponibles, la sociologue Cécile Thomé revient sur l’histoire des méthodes contraceptives pour comprendre comment elles façonnent la sexualité hétéro.

Salomé Dionisi  • 18 novembre 2024 abonné·es
« La généralisation de la contraception n’a pas permis une révolution sexuelle »
Pochoir à Paris, en 2024.
© Louise Moulin

Pendant dix ans, vous avez interrogé des femmes de tous âges sur leur vie contraceptive (1). La contraception est-elle perçue comme une charge par toutes les générations ?

Cécile Thomé : Quand la pilule est arrivée, il n’y avait rien d’aussi efficace. Elle paraissait tellement magique qu’elle n’était pas perçue comme une charge. Au fil du temps, l’idée de pouvoir choisir le moment où l’on tombe enceinte devient de plus en plus normale. Aujourd’hui, on considère le droit à la contraception comme acquis, donc on peut formuler des critiques sans avoir peur qu’il soit supprimé.

Concernant la charge contraceptive, les critiques s’inscrivent dans un contexte global de remises en question féministes qui tendent à plus d’égalité entre les hommes et les femmes. Ces réflexions sur la contraception émergent en même temps que la remise en cause des hormones. Il y a vraiment des effets de génération en matière de contraception, et les femmes évoluent dans leur réflexion au cours de leur vie.

Dans mes travaux, j’utilise d’ailleurs plutôt le terme de « travail contraceptif ». La charge contraceptive fait écho à l’idée de charge mentale, donc à ce qu’on a dans la tête. En ce qui concerne la contraception, la charge est aussi matérielle : acheter son contraceptif, poser un congé pour aller chez le médecin, gérer les effets secondaires, etc. C’est un travail qui prend du temps de vie disponible.

Il y a des femmes qu’on encourage à faire des enfants, et d’autres pour lesquelles on préfère qu’elles évitent.

Les conséquences sur le corps des femmes

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Protoxyde d’azote : pour les autorités, une prévention tardive après un long déni
Récit 5 mai 2026 abonné·es

Protoxyde d’azote : pour les autorités, une prévention tardive après un long déni

Chaque jour, des centaines de milliers de personnes consomment du protoxyde d’azote en France. Surnommé « gaz hilarant », il est depuis très longtemps détourné malgré les risques importants pour la santé. Longtemps banalisés, ces dangers ont tardé à être pris en compte par les autorités françaises.
Par Maxime Sirvins et Céline Martelet
C9M : face à la marche des fascistes, faisons nombre
Tribune 4 mai 2026

C9M : face à la marche des fascistes, faisons nombre

Contre le défilé néonazi du 9 mai, la Marche des solidarités, les collectifs de sans-papiers et mineur·es isolé·es, le collectif antifasciste de Paris 20e et de très nombreuses organisations politiques et syndicales appellent à une grande manifestation contre le fascisme.
Affaire Master Poulet : pour Karim Bouamrane, opération gentrification
Analyse 29 avril 2026 abonné·es

Affaire Master Poulet : pour Karim Bouamrane, opération gentrification

Sous couvert de lutte contre la malbouffe, le maire de Saint-Ouen mène une bataille contre Master Poulet, une rôtisserie de la ville. Des débats polémiques qui mettent aussi en lumière la question de l’embourgeoisement.
Par Kamélia Ouaïssa
Comment l’État systématise la sécurité privée dans les CRA
Enquête 28 avril 2026 abonné·es

Comment l’État systématise la sécurité privée dans les CRA

Depuis mars, l’accueil des visiteurs du centre de rétention administrative (CRA) de Toulouse-Cornebarrieu est assuré par des agents de sécurité privée dans le cadre d’un dispositif national d’externalisation. Une évolution qui interroge de nombreux acteurs tant sur le cadre légal que sur la carcéralisation des CRA.
Par Maxime Sirvins