Planning familial : Nos droits, toujours à défendre
Depuis sa création, le Planning familial alerte sur le fait que le corps des femmes est un champ de bataille où s’affrontent des idéologies, des intérêts politiques et des luttes de pouvoir.

© Lily Chavance
Par Sarah Durocher, Noémie Gardais, Nina Meriguet et Albane Gaillot. Sarah Durocher est présidente du Planning familial, Noémie Gardais et Nina Meriguet y sont chargées de plaidoyer, ainsi qu’Albane Gaillot, ex-députée, autrice de la loi de 2022 sur l’IVG.
La question du contrôle du corps des femmes prend une résonance particulière dans le contexte actuel, marqué par la montée inquiétante de l’extrême droite en France, avec les 143 sièges du Rassemblement national et de ses allié·es, les nominations au gouvernement de personnalités hostiles au mariage pour tous·tes, à la PMA et au droit à l’avortement. Alors que le Planning familial célébrera la loi Veil, en janvier prochain, pour sa portée historique, symbole d’une avancée majeure dans la lutte pour les droits et la santé sexuels et reproductifs en France, on assiste aujourd’hui à des tentatives de remise en cause de ces acquis.
À travers l’Europe, les discours nationalistes cherchent à rattacher le corps des femmes à des idéologies rétrogrades, instrumentalisant leur fécondité dans des agendas démographiques souvent insidieux. Le Parlement européen actuel est bien plus conservateur que lors de la précédente mandature. La majorité des eurodéputé·es français·es d’extrême droite n’a pas tardé à rejoindre le groupe des Patriotes pour l’Europe, parti conservateur du Hongrois Viktor Orbán.
Dans un monde où les menaces contre l’égalité se renforcent, il est crucial de s’interroger : qui veut réellement contrôler le corps des femmes, et pourquoi ? Le Planning familial se questionne sur les ramifications de ces enjeux, tant en France qu’au niveau international, révélant un combat quotidien des femmes face à des forces qui cherchent à les déposséder de leurs droits et notamment de la libre autonomie de leur corps.
Les mouvements anti-choix et leur projet conservateurLe Planning familial observe depuis plusieurs années comment les mouvements anti-choix, premiers opposants au droit des femmes à disposer librement de leur corps, déploient des stratégies vicieuses. À travers des campagnes de désinformation, ils véhiculent des mensonges sur l’avortement et la contraception, les présentant comme des dangers pour la santé physique et mentale.
En glorifiant une vision archaïque de la maternité, ils cherchent à enfermer les femmes dans des rôles stéréotypés, tout en vilipendant celles qui choisissent de ne pas être mères ou d’interrompre une grossesse. Leur approche, qui combine pression législative et stigmatisation sociale, instaure un climat de peur et de culpabilité, entravant ainsi les choix personnels.
Si le discours nationaliste et d’extrême droite autour du corps des femmes prend de l’ampleur, c’est aussi parce que ces mouvements s’organisent de manière croissante, parfois en utilisant directement des fonds publics. Par exemple, une enquête d’openDemocracy a révélé que l’Union européenne avait versé plus d’un million d’euros à une association anti-choix qui pratique de la désinformation sur les enjeux de droits et de santé sexuels et reproductifs, en comparant
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