« Le Culte de l’auteur » : une posture d’autorité
Geneviève Sellier publie un pamphlet contre le cinéma d’auteur qui dessert la cause des femmes.
dans l’hebdo N° 1841-1843 Acheter ce numéro

© Les films du losange
Le phénomène des violences sexistes et sexuelles au sein du cinéma d’auteur est à prendre au sérieux, y compris dans les analyses qui en sont faites. Outre les articles de presse à l’origine de ces révélations, des livres de témoignage paraissent, comme, récemment, ceux de Caroline Ducey ou d’Isild Le Besco. Mais aucun ouvrage, jusqu’ici, ne considérait la question dans son ensemble. Voilà pourquoi on pouvait attendre beaucoup de l’essai de Geneviève Sellier, professeure émérite en études cinématographiques.
Son titre indique sans ambiguïté quelle sera l’explication cardinale de ce que Geneviève Sellier qualifie de « dérives du cinéma français » : Le Culte de l’auteur. Mais avant même de décrire les modalités de ce « culte », les premières pages dénient au cinéma le fait d’attribuer un film à un auteur seul – norme imposée, dit l’autrice, depuis la Nouvelle Vague –, au prétexte que celui-ci nécessite « de multiples collaborations artistiques et techniques » et coûte « des sommes qu’un individu, fût-il riche, est incapable de réunir ».
Allant plus loin, Sellier estime que la « politique des auteurs », chère aux Cahiers du cinéma des années 1950 (où écrivaient Truffaut, Chabrol, Rohmer, Rivette, Godard), est une « supercherie ».
Ces quelques lignes associent courte vue et argument d’autorité (mot partageant avec « auteur » la même étymologie…). Courte vue : comme s’il n’y avait pas au cinéma de concepteur-initiateur d’un projet et d’ordonnateur dans sa réalisation. Argument d’autorité, parce que Geneviève Sellier s’en tient à ce qualificatif de « supercherie » sans autre forme de
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