La gauche encore à la peine face au RN
Malgré des succès sur le budget, les partis de gauche n’ont pas ébranlé le Rassemblement national. Autopsie des difficultés rencontrées.
dans l’hebdo N° 1840 Acheter ce numéro

© MUSTAFA YALCIN / ANADOLU / Anadolu via AFP
Officiellement, la gauche a pris l’avantage sur le Rassemblement national (RN) dans les débats sur le budget et la censure du gouvernement Barnier. « Nos amendements sur le budget ont démontré que faire payer les riches a un sens concret », se félicite Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Redon, le 9 décembre. « Nos propositions n’étaient pas un délire fiscal comme l’affirmaient les macronistes et la droite, mais de la justice fiscale dans un budget qui en manquait singulièrement », renchérit Olivier Faure dans la foulée sur BFM.
Reste que la gauche n’a pas réussi à ébranler son principal ennemi, le Rassemblement national, ni dans les sondages d’opinion ni à l’Assemblée nationale. « Encore une réussite des experts à 2 balles qui prophétisaient que le vote de la censure disqualifierait le RN », a réagi jeudi dernier sur X (ex-Twitter) l’élu RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, en partageant un récent sondage Harris Interactive plaçant le RN en tête des préférences pour former une majorité au Parlement. De quoi nuancer l’autosatisfecit que le Nouveau Front populaire s’est accordé.
Le RN s’en tire souvent car il change constamment son discours en fonction des circonstances.
S. Rousseau« Le RN s’en tire souvent car il change constamment son discours en fonction des circonstances », constate auprès de Politis la députée écologiste Sandrine Rousseau, qui a ferraillé sur la retraite des agriculteurs lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) sans que ses propositions parviennent à percer le mur du son. « Souvent, on ne savait pas ce que le groupe de Marine Le Pen allait voter, même à la dernière minute », observe l’élue. Ce louvoiement a été flagrant lors des débats sur la taxation sur les revenus du capital (flat tax).
Le médias pointés du doigtEn commission, le RN s’était abstenu pour permettre à la gauche de relever le taux de la taxe de 3 % avant de voter contre dans l’Hémicycle avec la droite et les macronistes du « socle commun ». « On voit bien que l’extrême droite navigue à vue », renchérit le sénateur PCF Ian Brossat. Leurs positions économiques s’alignent en partie sur le macronisme. » Cela suffit-il à expliquer les difficultés de la gauche à s’imposer face au RN dans le débat public, malgré ses contradictions ?
Sans surprise, le rôle des
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