La gauche encore à la peine face au RN

Malgré des succès sur le budget, les partis de gauche n’ont pas ébranlé le Rassemblement national. Autopsie des difficultés rencontrées.

Nils Wilcke  • 11 décembre 2024 abonné·es
La gauche encore à la peine face au RN
Jean-Luc Mélenchon, le 4 décembre 2024, à l'Assemblée nationale.
© MUSTAFA YALCIN / ANADOLU / Anadolu via AFP

Officiellement, la gauche a pris l’avantage sur le Rassemblement national (RN) dans les débats sur le budget et la censure du gouvernement Barnier. « Nos amendements sur le budget ont démontré que faire payer les riches a un sens concret », se félicite Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Redon, le 9 décembre. « Nos propositions n’étaient pas un délire fiscal comme l’affirmaient les macronistes et la droite, mais de la justice fiscale dans un budget qui en manquait singulièrement », renchérit Olivier Faure dans la foulée sur BFM.

Reste que la gauche n’a pas réussi à ébranler son principal ennemi, le Rassemblement national, ni dans les sondages d’opinion ni à l’Assemblée nationale. « Encore une réussite des experts à 2 balles qui prophétisaient que le vote de la censure disqualifierait le RN », a réagi jeudi dernier sur X (ex-Twitter) l’élu RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, en partageant un récent sondage Harris Interactive plaçant le RN en tête des préférences pour former une majorité au Parlement. De quoi nuancer l’autosatisfecit que le Nouveau Front populaire s’est accordé.

Le RN s’en tire souvent car il change constamment son discours en fonction des circonstances.

S. Rousseau

« Le RN s’en tire souvent car il change constamment son discours en fonction des circonstances », constate auprès de Politis la députée écologiste Sandrine Rousseau, qui a ferraillé sur la retraite des agriculteurs lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) sans que ses propositions parviennent à percer le mur du son. « Souvent, on ne savait pas ce que le groupe de Marine Le Pen allait voter, même à la dernière minute », observe l’élue. Ce louvoiement a été flagrant lors des débats sur la taxation sur les revenus du capital (flat tax).

Le médias pointés du doigt

En commission, le RN s’était abstenu pour permettre à la gauche de relever le taux de la taxe de 3 % avant de voter contre dans l’Hémicycle avec la droite et les macronistes du « socle commun ». « On voit bien que l’extrême droite navigue à vue », renchérit le sénateur PCF Ian Brossat. Leurs positions économiques s’alignent en partie sur le macronisme. » Cela suffit-il à expliquer les difficultés de la gauche à s’imposer face au RN dans le débat public, malgré ses contradictions ?

Sans surprise, le rôle des

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Au procès en appel du FN-RN, le parquet dénonce « un discrédit de l’action judiciaire »
Justice 4 février 2026 abonné·es

Au procès en appel du FN-RN, le parquet dénonce « un discrédit de l’action judiciaire »

Au terme de plusieurs heures de réquisitions, le parquet général a demandé à la cour d’appel de confirmer l’essentiel des condamnations prononcées en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires du parti lepéniste. Les magistrats ont également longuement dénoncé une stratégie politique visant à dénigrer l’institution judiciaire.
Par Maxime Sirvins
« Le RN est une entreprise débile, au sens étymologique du terme »
La Midinale 3 février 2026

« Le RN est une entreprise débile, au sens étymologique du terme »

Bernard Pudal, professeur émérite de science politique à l’université Paris-Nanterre, co-auteur avec Patrick Lehingue de Du FN au RN. Les raisons d’un succès (PUF), est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
« Je dis à Jean-Luc Mélenchon : viens dans la primaire ! »
La Midinale 3 février 2026

« Je dis à Jean-Luc Mélenchon : viens dans la primaire ! »

Trump, Kurdistan, Iran, proposition de loi sur la réquisition des bâtiments vacants, primaire de la gauche : Danielle Simmonet, députée de Paris, membre de L’Après, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
« Sans l’action publique, un tiers des Parisiens ne pourraient plus vivre dans la capitale »
La Midinale 2 février 2026

« Sans l’action publique, un tiers des Parisiens ne pourraient plus vivre dans la capitale »

La capitale peut-elle être une ville populaire ? Paris appartient-elle aux milliardaires ? Quel positionnement par rapport au projet de Sophia Chikirou ? Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche et des écologistes à la mairie de Paris, est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien