Partage des tâches : des codes à changer
Afin de valoriser et de mieux équilibrer le travail domestique, plusieurs féministes, certaines réunies autour d’une nouvelle association, La Syndicale, réfléchissent à un cadre fixant des règles et ouvrant à des droits.
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© Patrick Batard / Hans Lucas via AFP
Vous êtes détendu sur votre canapé. Vos paupières se ferment doucement. Un repos bien mérité après la journée de travail. Qui êtes-vous ? Un homme, certainement. Très souvent, ce temps de détente n’existe que grâce au travail préalable d’une autre personne – généralement la femme habitant votre foyer – qui aura rangé et nettoyé les lieux, cuisiné, fait faire ses devoirs à un enfant ou prodigué des soins à une personne âgée. Seul un tiers des hommes déclare consacrer au moins une heure par jour aux tâches domestiques, pointe un rapport de l’Observatoire des inégalités en 2020. C’est 80 % pour les femmes.
La forte inégalité dans le partage des tâches domestiques est stable depuis des décennies. En 2003, ces chiffres étaient tristement similaires : 76 % pour les femmes, 32 % pour les hommes. Mais cet écart pourrait bientôt se réduire. Et le temps libre s’installer pleinement dans l’agenda des femmes, au moins autant que les hommes se l’accordent. Grâce à un outil « révolutionnaire », selon plusieurs femmes et collectifs féministes qui l’élaborent depuis quelques mois : la création d’un code du travail domestique.
Les femmes font très souvent un double, voire un triple travail, outre le fait que leur activité salariée est moins bien payée.
Nina FaureC’était l’objet d’une assemblée générale tenue le 15 octobre à la Bourse du travail, à Paris. Organisé par un collectif, la Syndicale, cet événement voulait jeter les bases d’une liste d’articles fixant le cadre de ces activités invisibles et qui permettent pourtant à la société de fonctionner. C’est ce qu’on appelle le travail « reproductif ».
« Le niveau d’inégalités est ahurissant, faute de cadre. Alors que les femmes font très souvent un double, voire un triple travail, outre le fait que leur activité salariée est moins bien payée que celle des hommes, nous voulons, avec la Syndicale, réfléchir à une base juridique donnant des droits et fixant des règles », explique Nina Faure, réalisatrice et membre de cette association visant à être un syndicat du travail gratuit.
Identifier, valoriserCette réunion a permis d’entendre les voix de nombreuses femmes aux parcours différents : des syndicalistes, des groupes de parole féministes, des mères isolées, etc. Et d’imaginer des transpositions concrètes entre le travail dit « productif » et le travail « reproductif », qui rassemble des activités très diverses.
« L’alimentation, l’éducation des enfants, l’hygiène corporelle et celle du foyer, le soin des personnes qui ne sont pas autonomes, la socialisation affective, l’organisation des loisirs, la charge mentale, le travail du sexe : toutes ces activités sont un préalable au travail productif. Et pourtant, elles ne sont pas reconnues. Il faut les identifier, les valoriser, et mieux les
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