« L’Hospitalité au démon », ou comment composer avec des traumatismes sexuels
Constantin Alexandrakis tente de dissiper la brume causée par des abus sexuels vécus dans l’enfance, qui plane lourdement sur sa paternité.

Essai, roman ou autobiographie ? Plutôt une « cartographie », répond le narrateur qui tente de saisir les effets évidents, mais aussi insoupçonnés, des agressions sexuelles subies lorsqu’il était enfant sur sa vie d’adulte. Cette fiction biographique s’engage au moment où le personnage principal devient père et que la peur de mal faire envahit tout son espace mental. « Le Père » est irascible, anxieux, obsédé par son passé et la crainte de reproduire l’atmosphère « pédophilique » dans laquelle il a grandi, voire de reproduire des gestes abusifs. « On est habité par ce que l’on est et cette peur se transmet encore plus vite que l’amour », croit-il fermement.
Dans l’espoir de trouver des réponses, l’auteur – d’origine grecque – convoque de multiples références mythologiques, structurantes pour un homme pour qui les figures d’autorité n’ont pas joué leur rôle : Athéna, Ulysse, Dionysos, Achille… « Cette façon éminemment tragique de considérer l’existence me semble la plus éclatante, la plus intense, la plus vivante des manières de définir nos éphémères espaces, notre temps d’action. » Ces récits fondateurs font aussi écho à celui que l’auteur tente de composer à travers son écriture.
Pour y parvenir, plusieurs événements post-#MeToo sont rappelés et disséqués pour y déceler des similitudes, et gagner en expertise, à l’image des affaires David Hamilton ou Claude Lévêque. Le narrateur
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