Une marche contre l’IVG aux très forts relents d’extrême droite
Quelques milliers de manifestants étaient présents le 19 janvier à Paris, lors de manifestation annuelle contre l’interruption volontaire de grossesse, en cette 50e année du vote de la loi Veil. Dans ses rangs, des catholiques ultra-conservateurs, des royalistes et l’extrême droite.

© Maxime Sirvins
C’est un dimanche glacial en plein Paris. Le froid brumeux n’a pas découragé les quelques milliers de manifestants de venir lors de l’annuelle « Marche pour la vie », qui s’est tenue le 19 janvier. Place du Trocadéro, des barrières de sécurité ont été installées. Des hommes vêtus de K-way orange fouillent les sacs à l’entrée. Des bénévoles distribuent des pancartes : « Mon corps, sa vie ». Sous des tentes blanches, plusieurs associations anti-IVG.
En guise de goodies, l’une d’elles, Va Prie Vie, distribue des chapelets orange. Au stand de la Lejeune Académie, un bénévole cherche à recruter des jeunes qui souhaiteraient se former cet été pour devenir les prochains leaders anti-IVG. One of us, le lobby européen contre l’avortement est là aussi, aux côtés de la fondation Lejeune. La marche n’a pas encore commencé mais des jeunes femmes sautent déjà de joie en tenant la banderole qui mènera le cortège.
(Photo : Maxime Sirvins.)À quelques minutes du début de l’événement, à 14 heures, la place du Trocadéro reste parsemée. Au total, l’événement réunit quelques milliers de participants. La veille, les plus motivés se sont rassemblés à l’église Saint-Roch, lieu prisé des catholiques identitaires, pour une nuit de prière et d’adoration. Le lieu avait fait parler de lui en 2022 lors d’une messe en hommage à Charles Maurras, le fondateur de l’Action française.
Sur des écrans installés de part et d’autre de la scène, avant que les discours ne commencent, des clips défilent. L’un d’eux est produit par les Survivants, un groupuscule à l’origine d’une action anti-IVG sur les vélibs parisiens et dont le site a été fermé par la justice. C’est indiqué en fin de clip, le texte a été écrit par Jacques de Guillebon, un proche de Marion Maréchal. En haut de la scène, une banderole indique : « 50 ans de défense de la vie », en référence à la loi Veil légalisant l’avortement, votée en janvier 1975. Les mots « défaites politiques » sont barrés.
(Photos : Maxime Sirvins.)Sur scène, militantes italiennes pro vie, femmes témoignant d’un avortement et le président de la Marche pour la vie, reprennent la rengaine classique des anti IVG. Ils se voient comment des « résistants ». L’une se réjouit en évoquant « l’annulation de l’arrêt Roe vs Wade » qui a remis en cause l’avortement aux États-Unis. Aux revendications habituelles des militants anti IVG, s’ajoute cette année la lutte contre l’euthanasie pour « résister à une culture de la mort qui colonise les esprits ». L’avortement est décrit comme « la première cause de mortalité de l’espèce humaine dans notre pays ».
Quatre servantes écarlatesAlors que l’extrême droite gagne du terrain, les droits reproductifs sont directement menacés, y compris en France.
Alors que les manifestants entament une minute de silence pour les « 10 millions de bébés morts à cause de la loi Veil » (des foetus), quatre femmes, militantes à #NousToutes, s’approchent des trois camionnettes Kiloutou recouvertes de slogans anti-IVG. Elles sont vêtues de robes pourpres, et portent un couvre-chef blanc, à l‘image des femmes dans la série La servante écarlate. Sur leur banderole, un message écrit en rouge : « Les anti-IVG ont du sang sur les mains. » « IVG ! Mon corps, mon choix ! » scandent-elles. Il faut peu de temps, une minute à peine, pour que le service d’ordre de la Marche pour la vie les entoure et déplie des couvertures de survie, empêchant quiconque de les voir.
(Photos : Maxime Sirvins.)Elles se font asperger d’eau mais crient encore « IVG, c’est à nous de décider. » Elles reprennent leur slogan jusqu’à la bouche de métro, à une cinquantaine de mètres, vers laquelle les conduisent des CRS, sous la
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Santé mentale des jeunes : la lente perdition
« Nous sommes là pour repérer des signes de mal-être, de décrochage »
Pédopsychiatrie : à Nantes, huit lits pour se remettre debout