Clermont-Ferrand : plans larges
Faisant front face aux aléas économiques, le Festival internationale du court métrage de Clermont-Ferrand a proposé une plantureuse édition 2025, marquée par une présence importante du Liban.
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© Maur Film
Taillant largement depuis 2022 dans les budgets d’institutions culturelles diverses, le conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes – alors présidé par Laurent Wauquiez (LR) – a décidé en 2023 de réduire de plus de 50 % la subvention attribuée au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand : 100 000 euros au lieu de 210 000 euros. Organisatrice de l’événement, l’association Sauve qui peut le court métrage peut heureusement compter sur le soutien indéfectible de la ville de Clermont-Ferrand, de la métropole et du conseil départemental du Puy-de-Dôme. S’ajoutent les renforts – ponctuels ou réguliers – de partenaires privés, dont la Fondation Michelin.
Avec une programmation un peu réduite et le prix du ticket augmenté (4,50 euros au lieu de 4), l’édition 2024 a ainsi pu se dérouler dans de bonnes conditions et a même remporté un succès massif : 166 000 entrées, deuxième meilleur score de l’histoire du festival. De fait, si les films projetés à Clermont-Ferrand sont courts, les files d’attente devant les salles sont souvent très longues – comme on a encore pu le vérifier cette année.
Notre festival ne peut pas travailler pleinement sans un appui plus conséquent du conseil régional.
É. RouxPrésident et trésorier de Sauve qui peut le court métrage, Éric Roux se réjouit de cet engouement persistant et de la présence d’un public intergénérationnel venant de la région ou d’ailleurs. Très attaché au concept d’éducation populaire, il souligne l’importance que revêtent à ses yeux l’apprentissage du regard critique, « essentiel dans nos sociétés », et le partage de la culture.
"La culture ne doit pas être la variable d’ajustement"S’agissant du conseil régional, qui maintient sa subvention à 100 000 euros pour 2025, il redit son espoir d’une reprise du dialogue dans une perspective constructive. « Notre festival ne peut pas travailler pleinement sans un appui plus conséquent du conseil régional, notamment par rapport au grand chantier de la Cité du court, dont l’ouverture est prévue en 2028. »
D’autres territoires en France subissent actuellement des coupes dans les subventions publiques au secteur culturel. L’exemple le plus emblématique, voire caricatural, est offert (si l’on peut dire) par le conseil régional des Pays-de-la-Loire. Présidé par Christelle Morançais (Horizons), celui-ci a récemment adopté son budget 2025 sous le signe de la plus stricte austérité, la part allouée à la culture se trouvant amputée de près de 75 %.
« J’ai bien conscience des contraintes imposées par le contexte économique et des difficultés pour équilibrer les budgets, mais la culture ne doit pas être la variable d’ajustement, commente Éric Roux par rapport à ce climat général pour le moins préoccupant. Dans toutes ses formes d’expression, la culture représente un indispensable instrument de cohésion sociale. Ça ne me semble pas un bon calcul de chercher à économiser à cet endroit-là. »
Dans le cadre de l’édition 2025 du festival, 149 courts métrages concouraient en compétition, scindée en quatre sections : Internationale, Française, Labo, XR – la plus récente, dévolue aux expériences de réalité virtuelle ou de cinéma immersif.
De la sélection française, s’échappe d’abord Une tentative d’évasion (2024) de Sébastien Betbeder cinéaste qui a pour rare particularité de continuer, en parallèle de ses longs métrages, à réaliser régulièrement des courts. Celui-ci consiste en un documentaire tourné au sein de la
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