« Vers un pays inconnu », s’en sortir à tout prix ?

Mahdi Fleifel met en scène deux sans-papiers palestiniens coincés à Athènes.

Christophe Kantcheff  • 11 mars 2025 abonné·es
« Vers un pays inconnu », s’en sortir à tout prix ?
Mahdi Fleifel examine des comportements, interroge la marge de liberté de choix dont disposent des êtres privés d’horizon.
© Inside Out Films

Chatila et Reda sont deux cousins palestiniens à Athènes. Ils rêvent. Ils rêvent de rejoindre l’Allemagne, où ils ouvriraient un petit café au devenir prospère. Pour l’heure, ils sont coincés en Grèce, qui, à leurs yeux, n’est pas l’Europe, et logent dans un foyer miteux, avec des compatriotes tout aussi à l’arrêt, où ils survivent d’expédients. En ouverture du film, Chatila (Mahmood Bakri) et Reda (Aram Sabbah) volent le sac d’une dame… qui s’avère ne contenir que 5 euros.

Vers un pays inconnu débute comme une chronique de la vie empêchée de sans-papiers, qui pourraient être de toutes nationalités – il se trouve que le réalisateur de ce premier long métrage, Mahdi Fleifel, est palestino-danois. Étique, leur quotidien est fait de larcins, de coups de fil aux proches, inquiets, restés à la maison, et d’échappatoires artificielles : la drogue circule dans le foyer, Reda, au doux tempérament, n’arrive pas à décrocher et s’évade de cette manière au risque d’aller trop loin.

Ce personnage apporte quelque chose de fragile et d’aérien, une certaine innocence dans cette existence de purgatoire sans fin. C’est lui qui prend sous son aile un garçon palestinien de 13 ans, en « transit » lui aussi (sa tante vit en

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Cinéma
Temps de lecture : 3 minutes