Chaka Khan, le pouvoir de la voix
Les deux derniers albums du groupe de funk américain Rufus sont réédités en CD. De quoi se souvenir du talent flamboyant de sa vocaliste : Chaka Khan.
dans l’hebdo N° 1853 Acheter ce numéro

© Dimitrios Kambouris / Getty Images / AFP
Chaka Khan, celle que l’on a parfois appelée la « reine du funk », nous en parlions déjà il y a trois semaines lorsque nous évoquions l’exposition « Disco. I’m coming out » à la Philharmonie de Paris. Hasard du calendrier, la voici de nouveau au cœur de l’actualité des musiques noires avec la réédition en CD des deux derniers albums du groupe avec lequel elle a longtemps collaboré : Rufus.
Son enfance, son adolescence, puis sa rencontre transformatrice avec le groupe, Chaka Khan les a évoquées à plusieurs reprises. Née en 1953 à Chicago, celle qui s’appelle alors Yvette Marie Stevens a évolué dans une famille d’artistes. Ses parents sont des « beatniks », comme elle le dira parfois, qui repeignent les murs de leur appartement de fresques représentant les capitales d’Europe qu’ils rêvent de visiter. Chaque enfant a un talent pour la musique et Yvette, qui s’ennuie à l’école, fonde à 11 ans son premier groupe, les Crystalettes. Elle y travaille sa voix, qui contraste immédiatement avec celle de ses partenaires. L’adolescente a ce qu’elle perçoit déjà comme un don naturel – ou divin.
Fidèle d’une église catholique, elle y interprète des chants grégoriens dans la chorale. Mais, à côté de cette formation classique, elle s’amuse avec les improvisations du jazz et maîtrise les vocalises du R’n’B. Plus tard, son son, tantôt légèrement nasillard, lorsqu’elle utilise son nez comme principal résonateur, tantôt clair, presque pur, lorsqu’elle joue de l’ensemble de sa boîte crânienne, témoignera d’une maîtrise technique bluffante. Chaka Khan peut monter très haut et descendre très bas, ce qui fait qu’à ses débuts certains auditeurs penseront qu’elle est en fait un chanteur.
ActivismeAprès l’épisode Crystalettes, Yvette, désormais au lycée, se lance dans la politique. À l’époque, Chicago est l’une des villes phares du mouvement des Black Panthers. La jeune femme vend le journal du groupe et est une amie proche de Fred Hampton, qui sera bientôt la victime d’un attentat perpétré par le FBI. Elle prône même un temps la légitime défense, ayant récupéré l’arme d’un agent de sécurité. La jeune activiste passe
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