Pour Marine Tondelier, un congrès des Écologistes sans suspense, malgré les bisbilles
La très médiatique secrétaire nationale des Écologistes devrait logiquement conserver son poste cette année. Si elle est attaquée par les ailes unitaire et pragmatique du parti, les motions concurrentes disposent néanmoins d’un espace politique réduit.

© Maxime Sirvins
Tempête chez les écolos ? En quelques jours, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a enchaîné les crises. « Elle sort d’une période compliquée », euphémise un député vert. En effet, la patronne du parti a essuyé les critiques liées à la gestion de l’affaire Julien Bayou. En interne, deux visions se sont affrontées : ceux qui estimaient que le parti devait reconnaître et s’aligner sur la décision de justice qui a conclu à « l’absence d’infraction » et ceux qui considéraient que le débat ne devait pas être fermé concernant un comportement qui n’est pas pénalement répréhensible. Le conflit a laissé quelques traces : Hélène Hardy, membre de l’exécutif du parti, a quitté ses fonctions, et la sénatrice Ghislaine Senée a claqué la porte de la formation.
Mais ce n’est pas tout. La conseillère d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) est accusée par ses concurrents au congrès de vouloir « verrouiller » le parti. Le maire de Grenoble et soutien de Marine Tondelier, Éric Piolle, a été exclu des boucles internes du « Collectif », la motion de la secrétaire nationale sortante, parce qu’il voulait être nommé porte-parole. Ce que le courant de Tondelier ne souhaitait pas, préférant la candidature de Guillaume Hédouin, conseiller régional de Normandie.
Elle devrait aussi permettre à d'autres figures d'émerger en parallèle.
C. Daguerre« Si on reconnaît à Marine Tondelier le fait d’être très médiatique et de porter visiblement l’écologie, elle devrait aussi permettre à d'autres figures d'émerger en parallèle. Le rôle d’un chef de parti est d’engager une équipe autour de lui » (1) considère Clovis Daguerre, ancien secrétaire général des Jeunes écologistes et soutien de l’ex-eurodéputée Karima Delli, qui affrontera Marine Tondelier à la tête du parti.
FrondeEn clair, le congrès – qui doit se tenir d'ici à avril 2025 – n’est pas vraiment une promenade de santé pour Marine Tondelier. La secrétaire nationale affrontera trois motions : les « Verts unitaires », le courant de Karima Delli, « Radicalement vôtre », celui porté par Harmonie Lecerf Meunier, maire adjointe déléguée aux affaires sociales à Bordeaux, et soutenu par l’écoféministe Sandrine Rousseau, et « Faire gagner l’écologie », défendu par Florentin Letissier, adjoint à la mairie de Paris en charge de l’économie sociale et solidaire ainsi que plusieurs députés de l’aile droite du parti comme Jérémie Iordanoff ou Eva Sas. D’autres motions devraient s’avancer comme celle de l’ex-conseillère régionale d’île-de-France Claire Monod, « Bâtir la société écologique », mais elles sont encore plus minoritaires.
Les opposants internes comptent bien se faire entendre : les trois principaux courants d’opposition mènent une fronde concernant la modification des statuts adoptée en mars 2024. Les nouvelles règles transforment notamment le mode d’élection des postes dans le parti. Le scrutin de liste à la proportionnelle est remplacé par un scrutin majoritaire uninominal. Concrètement, les courants doivent nécessairement atteindre un palier de signatures - entre 165 et 329 selon les postes visés - pour candidater aux différents postes stratégiques du parti.
Dans une lettre envoyée à Marine Tondelier le 19 février, Karima Delli menace même de prendre « les dispositions légales nécessaires pour contester la légitimité » du processus, considérant que les nouvelles modalités « semblent avoir été taillées sur mesure pour consolider l’emprise » de Marine Tondelier. Le lendemain, Harmonie Lecerf Meunier dénonce ces statuts qui
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