Manifestation antifasciste à Lorient : « La meilleure défense, c’est l’attaque »
Face à la montée de l’extrême droite en Bretagne, près de 2 000 manifestants ont défilé à Lorient ce dimanche 2 mars. Une mobilisation d’ampleur pour réaffirmer une opposition antifasciste, alors que des groupuscules radicaux gagnent du terrain dans la région. Entre détermination et tensions, la riposte s’organise.

© Maxime Sirvins
« Bretagne ! Bretagne ! Antifa ! » Sous un ciel ensoleillé, une foule compacte avance dans les rues de Lorient. Près de 2 000 personnes ont répondu à l’appel de plusieurs dizaines d’associations, syndicats et collectifs pour manifester contre l’extrême droite, ce dimanche 2 mars. Bandes-son antifascistes, fumigènes et slogans résonnent contre les murs du centre-ville. « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos ! », lance le cortège de tête, alors qu’une banderole déployée en tête de manifestation donne le ton : « La meilleure défense, c’est l’attaque ».
Un contexte de tensionsCette forte mobilisation prend place dans un contexte particulier. Lorient, longtemps perçue comme une ville peu perméable aux idées d’extrême droite, subit une implantation croissante de plusieurs groupuscules radicaux. La montée en puissance du RN, arrivé en tête dans la cité morbihannaise lors des élections européennes de 2024, montre ce revirement dans une région historiquement à gauche.
Dans ce contexte de dédiabolisation, des groupuscules nationalistes comme « La Digue » ou la « Brigade nationaliste » ont émergé, multipliant les actions, provocations et les intimidations. « Ce sont des militants qui se sont radicalisés dans leurs pratiques au fil des années, avant, ils étaient à l'UNI (1) et Reconquête, maintenant, ils sont à La Digue », explique Camille*, présente dans le cortège.
(Toutes photos du reportage : Maxime Sirvins.)« En janvier 2024, le syndicat d’étudiants Union pirate a aussi été visé », explique Romain*, membre du Collectif antifasciste Lorient et Environs, la CALE. En janvier 2024, des affiches « Comment déglinguons-nous l’Union pirate ? Scannez le QR code ci-dessous et constatez ! » ont été collées sur le campus de l’Université Bretagne Sud (UBS). Le QR code en question dirigeait vers une vidéo montrant un homme en train de tirer sur une affiche du syndicat.
Des attaques qui s’intensifient à LorientDes militants d’extrême droite sont apparus dans les universités, notamment via des associations étudiantes se réclamant du nationalisme identitaire. « On voit des tentatives d’implantation partout, même sur les campus où l’UNI ou La Cocarde essaient de normaliser leurs idées», explique Étienne*, étudiant à l’UBS. Dès 2022, la Cocarde, à travers sa branche lycéenne, avait fait parler d’elle en distribuant des tracts parlant d’un soi-disant « délire LGBTQI+ ».
C’est une montée progressive, mais inquiétante.
LoïcLes tentatives d’expansions de ces groupes ne se limitent pas aux cercles étudiants. « C’est une montée progressive, mais inquiétante », témoigne Loïc*, militant syndicaliste. Dans plusieurs quartiers de la ville, des tags ou des autocollants aux slogans identitaires sont régulièrement placardés. « Mais cela ne tient jamais longtemps », rétorque un militant antifasciste.
En juillet 2023, durant les révoltes suites à la mort de Nahel Merzouk, des militants nationalistes ont pris part à des expéditions punitives, frappant des manifestants et menant des arrestations arbitraires dans le centre-ville. Parmi eux, les autorités ont identifié des militaires, ce qui a conduit le ministère des Armées à ouvrir une enquête, rapidement classée sans suite.
Ils essayent de se montrer de plus en plus, mais on les chasse toujours.
Les cibles de ces violences sont aussi multiples : en
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
La pollution, un impensé colonialiste
À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »
La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés