Menaces spatiales : la France est-elle prête ?

La commission de la Défense étudie le rapport de deux députés sur les applications militaires et les stratégies industrielles autour des satellites. Si la France dispose d’atouts certains, sa défense spatiale doit sans doute être consolidée.

François Rulier  • 14 mai 2025 abonné·es
Menaces spatiales : la France est-elle prête ?
© Matthijs van Heerikhuize / Unsplash

"Sans maîtrise de l’espace, pas de souveraineté stratégique et militaire », déclarait le président Macron lors de son discours du 16 février 2022, à l’occasion de la réunion informelle des ministres européens chargés de l’Espace. L’heure est au bilan pour les députés Corinne Vignon, macroniste, et Arnaud Saint-Martin, insoumis, qui ont présenté, mercredi 14 mai, leur rapport intitulé « Les satellites : applications militaires et stratégies industrielles » devant la commission de la Défense nationale et des Forces armées. Cette mission flash liste 57 propositions avec l’ambition de nourrir les réflexions qui doivent aboutir à la stratégie spatiale nationale, actuellement préparée par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).

Dès 2019, la France adoptait sa stratégie spatiale de défense et se fixait comme objectif de préserver l’autonomie stratégique du pays dans l’espace, en se dotant d’un commandement spécifique. Les capacités militaires sont généralement divisées en trois secteurs : patrimoniales (ou « cœur souverain ») lorsqu’elles sont entièrement souveraines, partenariales (« noyau étendu ») lorsqu’elles reposent sur des coopérations, et commerciales (« noyau augmenté ») lorsqu’elles recourent à des services commerciaux. À ce titre, la France dispose pour ses armées de capacités d’observation, de détection et de télécommunication, sans compter un accès souverain à l’espace, ce qui lui permet de réaliser la majeure partie des activités relevant de la « militarisation » des activités spatiales.

On a longtemps tiré parti des données américaines quand ils voulaient nous les offrir.

A. Saint-Martin

Tout en reconnaissant l’impossibilité d’un « tout-patrimonial », les députés s’interrogent sur les choix opérés entre le patrimonial, le partenariat et le commercial, et s’inquiètent du risque de réduire le cœur souverain pour des raisons budgétaires. La dépendance aux États-Unis apparaissant comme un enjeu central. « On a longtemps tiré parti des

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Société
Publié dans le dossier
Bataille spatiale, bataille spéciale
Temps de lecture : 7 minutes