Congrès du PS : Olivier Faure, stratège de l’unité, reste aux commandes du Parti socialiste
Le premier secrétaire, réélu au terme d’un congrès serré, a résisté aux assauts de ses opposants internes. Sa victoire ancre les socialistes dans une ligne unitaire.

© Maxime Sirvins
La rose ne s’est pas fanée. Tout le monde le disait perdant, esseulé, affaibli par le départ de certains proches comme le patron du groupe à l’Assemblée Boris Vallaud... Au terme d’un congrès disputé, Olivier Faure reste le premier des socialistes. Réélu avec 50,9 % des voix, il vainc son opposant, l’édile de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, crédité à 49,1 %.
Ce dernier était pourtant soutenu par un agrégat de personnalités allant du député de l’Eure Philippe Brun au médiatique maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) Karim Bouamrane en passant par l'édile de Vaulx-en-Velin (Rhône) Hélène Geoffroy ou la présidente de la région Occitanie Carole Delga. Même l’ancien premier ministre, Lionel Jospin, apprécié des militants, avait ses faveurs, de même que l’ancien président de la République François Hollande. Mais Olivier Faure, plus que jamais menacé, a tenu bon.
Depuis mon accession à cette fonction, me remplacer obsède ceux qui considèrent que jusqu’ici la maison socialiste était leur patrimoine.
O. FaureCe match, le premier secrétaire sortant s’y attendait. Accusé de diriger son parti de manière « clanique » depuis 2018, tenu responsable des échecs électoraux – et notamment du piètre score d’Anne Hidalgo (1,7 %) à la présidentielle de 2022 –, le député de Seine-et-Marne n’a jamais dévié de sa ligne. « Depuis mon accession à cette fonction, me remplacer obsède ceux qui considèrent que jusqu’ici la maison socialiste était leur patrimoine. Des élus – ou battus – pour la plupart ne manquant pas de qualités ou de talents mais qui jamais n’ont accepté de prendre les commandes au profit d’un obscur député sorti du rang qui n’était pas prévu au générique », écrit l’intéressé dans Je reviens te chercher (Robert Laffont, 2025).
En 2017, un parti en état comateuxSon histoire, c’est celle d’un homme qui a accepté de diriger un PS en état comateux, une « vieille maison » qui venait de vendre Solférino pour rembourser ses dettes, une formation que tout le monde méprisait. « En 2017, nous avons retrouvé un parti mort ou presque, chaque journaliste écrivait que c’était terminé, qu’on attendait plus que l’enterrement. Mais on a patiemment reconstruit une ligne idéologique et stratégique avec un objectif : conduire la gauche au pouvoir en 2027 », affirme pendant la campagne Pierre Jouvet, eurodéputé et lieutenant du patron des roses.
Au soir du second tour des législatives anticipées le 7 juillet 2024, lorsque Faure monte au pupitre installé dans la salle de la Bellevilloise à Paris, le discours qu’on lui a imprimé n’est pas le bon. Pendant qu’il improvise, les images de ses années passées à la tête de son parti lui reviennent à l’esprit. « Ces années où nos partenaires de gauche nous regardaient comme des pestiférés, confie-t-il dans son essai aux accents autobiographiques. Ces années où je répétais à mes amis les mots du poète René Char - “à nous voir, ils s’habitueront” - sans vraiment savoir quand ils s’habitueraient. »
Dans la roue de Mélénchon ?Les oppositions ne l’entendent pas de cette oreille. « Quand on sort de 2017, on est à 6 %. Avec Hidalgo, on est à 1,75 %. C’est Faure qui a choisi Hidalgo en 2022, il ne faut pas l’oublier. A un moment, quand on enchaîne les défaites, il faut changer d’entraîneur. Même Didier Deschamps, qui a gagné des trophées, s’est fait remplacer », griffait un sénateur socialiste il
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