« Bhelize don’t cry », chants de bataille

À la tête du projet Uzi Freyja, Kelly Rose propulse un rap électro aussi offensif qu’inventif, sous-tendu par un désir inflexible d’affirmation de soi. Une nouvelle voix frappante de la scène musicale française.

Jérôme Provençal  • 31 octobre 2025 abonné·es
« Bhelize don’t cry », chants de bataille
Dense, farouchement personnel et fortement secouant, le disque fait jaillir au total douze imparables morceaux portés par le flow viscéral de Kelly Rose.
© Tom Kleinberg

Née au Cameroun, Kelly Rose nous confie par téléphone « avoir grandi en baignant dans la musique », sous l’influence en particulier de sa mère, chanteuse de gospel. Manifestant tout au long de l’entretien une truculence joviale hélas impossible à restituer à l’écrit, elle précise qu’elle écoutait alors surtout des artistes de son pays – notamment Manu Dibango et Sally Nyolo – ou de pays voisins.

Arrivée en France à l’âge de 12 ans, en 2010, elle y pratique un peu la danse, sans enthousiasme, en dehors des cours. Au lycée, elle monte, avec plusieurs ami·es, un atelier musical auquel elle participe d’abord comme danseuse. « Ma mère m’a toujours dit que je n’avais pas une très bonne voix », glisse-t-elle.

La musique représentait un refuge pour moi. J’avais un rapport passionné avec elle.

K. Rose

Un beau jour, pourtant, elle se lance au micro et reçoit des louanges en interprétant un morceau de rap – devenu son style musical favori. « J’ai subi pas mal de galères personnelles durant cette période de ma vie, et la musique représentait un refuge pour moi. J’avais un rapport passionné avec elle, j’en écoutais beaucoup, tous les jours. » Après diverses tribulations, Kelly Rose se retrouve à Nantes et intègre temporairement « un squat, clean, où tout le monde touchait plus ou moins à l’art ».

La pochette de Bhelize don't cry.

Le soir de la Fête de la musique en 2019, près de la cathédrale, elle prend part à une battle de rap freestyle dans laquelle « il n’y avait que des mecs ». Sa prestation fait forte impression sur le musicien nantais Stuntman 5, présent dans l’assistance. Cette rencontre inopinée marque le début de leur collaboration musicale, un troisième larron – FotonDanger, installé à Paris – se joignant ultérieurement au duo.

Personnalité centrale du trio, Kelly Rose prend en charge l’écriture

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Musique
Temps de lecture : 4 minutes