« Sametou Sawtan », souffle au cœur
En écho à son magistral deuxième album, le groupe libanais, qui pratique un très libre et intense rock psyché arabisant, vient donner plusieurs concerts en France.
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© Karim Ghorayeb
Comptant parmi les formations musicales les plus palpitantes du moment, Sanam consiste en un sextet mixte qui a pour figure centrale la fiévreuse chanteuse Sandy Chamoun. Cinq intrépides instrumentistes – Antonio El Hajj Moussa (basse), Farah Kaddour (buzuq, sorte de luth), Anthony Sahyoun (guitare, synthé), Pascal Semerdjian (batterie), Marwan Tohme (guitare) – incorporent leurs crépitements au brasier sonore collectif.
Résolument prospectif, le groupe puise son énergie motrice et son inspiration dans le post-rock, le spiritual jazz ou le noise autant que dans les musiques traditionnelles du Moyen-Orient et la poésie arabe, qui irrigue les paroles des morceaux.
Avant de former une entité commune, les six partenaires contribuaient déjà activement à l’ébullition de la scène musicale alternative de Beyrouth, via différents projets, envers et contre tous les vents adverses. La mise à feu de Sanam s’est effectuée à la suite d’un concert en 2021 dans la capitale libanaise, à l’occasion du festival avant-gardiste Irtijal. Ce live déclencheur a donné à ses membres l’opportunité de jouer ensemble pour la première fois, en compagnie de Hans-Joachim Irmler, membre éminent du séminal groupe krautrock Faust.
Conçu avec une part importante d’improvisation, le premier album du groupe, Aykathani Malakon, est sorti en juillet 2023. Malgré quelques légers flottements, il apparaît déjà plus que prometteur, rassemblant neuf morceaux tumultueux et aventureux. Publié en juin 2024, un album live – restituant un concert au Cafe Oto, fameux antre londonien des musiques hors normes – permet de saisir les musiciens dans le feu de l’action.
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