Les Ateliers Médicis, l’art de mettre la périphérie au centre

Depuis 2016, les Ateliers Médicis installés à Clichy-sous-Bois et Montfermeil font des quartiers périurbains et des territoires ruraux le lieu de résidences artistiques d’une grande exigence. Pour faire émerger des voix nouvelles.

Anaïs Heluin  • 24 octobre 2025 abonné·es
Les Ateliers Médicis, l’art de mettre la périphérie au centre
© Cyrus Cornut

Exposée sur une palissade de chantier, une longue fresque réalisée par le plasticien Rachid Boukharta, où des visages qui semblent tout droit sortis d’enluminures médiévales côtoient des paysages colorés ou encore des motifs berbères, nous annonce que nous touchons au but. Nous avons retrouvé l’architecte Khadija Barkani et Cathy Bouvard, directrice des Ateliers Médicis, devant le bâtiment de 1 000 mètres carrés occupé par cet établissement public de coopération culturelle (EPCC) depuis 2018, pour nous rendre jusqu’à l’emplacement qu’investira la structure dans un an et demi environ, à l’horizon 2027.

Cinq minutes de marche suffisent pour franchir la frontière séparant le présent des Ateliers Médicis de leur avenir, qui prendra la place de l’ancienne tour Utrillo à Montfermeil en lisière de Clichy-sous-Bois. L’ampleur du bouleversement à venir est d’autant plus saisissante que les mètres à parcourir sont peu nombreux. L’agence d’architectes Encore heureux est aux manettes de la construction du futur lieu, cinq fois plus vaste que l’ancien, et situé juste en face de la gare du métro Grand Paris Express (ligne 16), dont l’ouverture est prévue la même année que les Ateliers Médicis nouvelle version.

Le choix d’Encore heureux révèle le grand sens de l’éthique et du lien au territoire qui porte l’équipe de l’EPCC. Sensible aux défis écologiques et sociaux, cette agence déploie au service des Ateliers Médicis tout son savoir-faire en matière de « réflexion sur la réutilisation de bâtiments existants, le réemploi de matériaux ou encore l’appropriation citoyenne par la programmation libre des espaces et de leurs usages », lit-on sur son site internet.

Labyrinthe de béton et de métal

Khadija Barkani est la belle incarnation locale de ces valeurs. Née à Clichy-sous-Bois, cette architecte familière des Ateliers Médicis entretient un rapport très étroit avec le terrain et ses problématiques urbanistiques. « J’ai notamment vécu les premiers instants des révolutions urbaines de 2005. J’avais alors 15 ans et j’ai vu le quartier partir en fumée, dans une totale incompréhension du reste de la société, causée en partie par une large entreprise de désinformation médiatique », se souvient-elle.

La jeune femme poursuit : « Cinq ans plus

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