« Mektoub my Love : Canto Due » : un bien sage retour

Sept ans après, Abdellatif Kechiche complète son triptyque.

Christophe Kantcheff  • 2 décembre 2025 abonné·es
« Mektoub my Love : Canto Due » : un bien sage retour
"Mektoub my love : Canto due" est bien plus sage que les deux opus précédents et emprunte finalement une voie humoristique qu’on ne connaissait pas tant que cela chez Abdellatif Kechiche.
© Pathé

Mektoub My Love : Canto Due est un film rescapé, venant sept ans après les deux autres volets du triptyque : Mektoub my love : Canto Uno (2018) et Mektoub my love : Intermezzo (2019). Plusieurs raisons auraient pu empêcher son existence, dont une financière. Le film précédent d’Abdellatif Kechiche, Mektoub my love : Intermezzo donc, fut inexploitable commercialement en raison d’une note faramineuse de droits musicaux impossible à honorer, le film se déroulant quasi exclusivement dans une discothèque. Conséquence de cette non-sortie en salle : la société de Kechiche fit faillite alors que le cinéaste disposait encore de centaines d’heures de rush pour pouvoir faire au moins un film supplémentaire.

Montré une seule fois à un public – au Festival de Cannes –, Mektoub my love : Intermezzo, d’une durée de 3 h 30, est un film-monstre. Un cas d’école pour qui voudrait illustrer ce qu’est le « male gaze » (le regard masculin sexualisant les femmes), radicalement hors normes du point de vue du récit, de la mise en scène et du rythme vis-à-vis de ce qui se fait dans le cinéma français (y compris celui de Kechiche lui-même), et source de polémiques, la plus violente ayant opposé l’une des comédiennes, Ophélie Bau, et le cinéaste, au sujet d’une scène de cunnilingus non simulée (réalisée avec son boy-friend de l’époque). Scène acceptée pour être gardée au montage ou pas ? Les paroles des intéressé·es sont contradictoires, ainsi que celles des témoins.

Mektoub my love : Canto due nous arrive donc de loin, au terme d’un parcours de postproduction chaotique (surtout en ce qui concerne le montage), où interviennent différents producteurs, des histoires invérifiables sur l’éventualité ou non d’une sélection à Cannes cette année, pour finalement être montré au festival de Locarno cet été. Sans Abdellatif Kechiche, victime quelques mois plus tôt d’un AVC, mais en présence d’une partie de l’équipe, en symbiose avec le film.

Où l’on retrouve les personnages des deux opus précédents, Amin (Shaïn Boumedine) en particulier, qui se

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Cinéma
Temps de lecture : 4 minutes