« Sad and Beautiful World », désespoir et des espoirs
L’artiste prête sa voix puissante à une magnifique collection de chansons engagées.
dans l’hebdo N° 1892 Acheter ce numéro

© ANDER GILLENEA / AFP
Pour beaucoup d’entre nous, quadragénaires français amateurs de musiques africaine-américaines, la découverte de Mavis Staples aura fini de confirmer une intuition : celle du caractère intrinsèquement politique des musiques noires. Nous sommes en 1990, en pleine explosion du hip-hop, et, comme ce sera le cas pour George Clinton, c’est Prince qui, grâce à son album et son film Graffiti Bridge, œuvre à relancer la carrière de Staples sur la scène internationale.
Âgée aujourd’hui de 86 ans, la dernière survivante du clan Staples n’a rien perdu de son engagement.
Pour lui, Mavis sera Melody Cool, et les deux se lancent dans une collaboration fructueuse qui aboutira en 1993 à un très grand disque : The Voice. À une époque où il était parfois difficile, depuis l’Europe, de retracer la trajectoire d’artistes situés aux marges des musiques américaines, il aura fallu se documenter pour comprendre qui était cette chanteuse à la voix puissante et à la diction parfaite, nouvelle « recrue » de la galaxie princière.
Via Mavis, on allait bientôt faire la connaissance d’une famille d’artistes, les Staple Singers, comprendre leur ancrage dans le gospel, et surtout intégrer la dimension spirituelle d’un combat politique ancestral. « When Will We Be Paid ? » (« Quand serons-nous payés ? »), demande la famille Staples dans l’un de ses morceaux emblématiques. Vingt ans avant
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