« Peau de serpent », lumière noire
Précieux électron libre de la scène alternative française, Benoît Tranchand dévoile un captivant nouvel album tout en douce rugosité.
dans l’hebdo N° 1892 Acheter ce numéro

© Céline Levain / Mirage Collectif
Connu sous son vrai nom comme auteur et éditeur de bande dessinée, Benoît Preteseille mène une vie artistique parallèle dans la sphère des musiques actuelles en se dissimulant derrière Benoît Tranchand, avatar drôlement incisif. On l’a d’abord entendu au sein de Savon Tranchand, projet porté à quatre mains et deux voix avec Sophie Azambre le Roy. Actif de 2007 à 2019, le binôme a publié plusieurs fort bons disques (certains accompagnés de livres illustrés), dans la veine d’une très inventive pop synthétique – en français – ludique et (dis)tordue.
La tonalité générale évoque le Dominique A minimaliste des débuts.
Depuis la fin du duo, Benoît Tranchand poursuit son cheminement musical, creusant en solo un sillon tout aussi décalé, entre nouvelle chanson française, cold wave et postpunk. Intitulé Peau de serpent, son troisième album – qui arrive après Intestin Club (2019) et Les Mauves (2022) – vient juste de paraître. Il a été mixé et arrangé par Benjamin Colin, fidèle comparse. Le musicien suisse Christian Garcia-Gaucher (membre du groupe Meril Wubslin), autre activiste de la pop francophone buissonnière, a aussi apposé sa patte délicate au niveau de la postproduction.
Plutôt court (32 minutes), l’album se révèle très dense, exempt de tout élément superflu. La tonalité
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