Clémence Guetté : « La sortie de l’Otan est nécessaire »
La vice-présidente insoumise de l’Assemblée nationale défend la nécessité d’une sortie de l’Otan, attaque la politique diplomatique d’Emmanuel Macron et souhaite que la France réinvestisse les organisations internationales.

© Maxime Sirvins
Big bang. L’insoumise Clémence Guetté a déposé le 19 janvier une proposition de résolution invitant le gouvernement à organiser le retrait de la France de l’Otan. Elle fera tout pour que le sujet soit mis à l’ordre du jour au Palais Bourbon. Face à l’impérialisme agressif de Donald Trump, la cheffe d’orchestre du programme insoumis estime que cette mesure est nécessaire pour que la France retrouve son indépendance. La vice-présidente de l’Assemblée projette également ce que serait la politique internationale d’un gouvernement insoumis : une France non-alignée qui aurait pour seule boussole le droit international.
Vous déposez une proposition de résolution invitant le gouvernement à organiser le retrait de la France de l’Otan en commençant par son commandement intégré. Quel est le sens de cette initiative ?
Clémence Guetté : En 2022, Jean-Luc Mélenchon et Bastien Lachaud avaient déjà porté une résolution dans ce sens à l’Assemblée nationale. Et elle est plus nécessaire que jamais. Les États-Unis ont perdu l’hégémonie sur la mondialisation face à la Chine. Ils espèrent préserver leur domination relative par l’usage de leur suprématie militaire et le piétinement du droit international, le tout au service de leur guerre commerciale et idéologique. À leur tête, Donald Trump incarne la caricature la plus forte d’un impérialisme très agressif. Notre alliance avec les États-Unis au sein de cette organisation militaire ne doit plus être perçue comme une relation fiable. Le gouvernement français doit sortir de sa naïveté politique et diplomatique. Nous souhaitons dire qu’être inféodé stratégiquement et militairement aux États-Unis nous pose un problème sur le long terme.
Comment comptez-vous faire voter cette résolution ?
Sur le terrain parlementaire, nous pouvons trouver de nouveaux alliés. Mais je vais d’abord tout faire pour que cette résolution soit mise à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Ce ne sera pas évident. Car le Parlement est dépossédé de sa prérogative en matière stratégique et de défense. Le moment que nous vivons doit nous permettre de poser des questions essentielles : il y a une très grande opacité dans le débat public sur ce qu’est l’Otan, sur son fonctionnement, l’investissement de la France dans cette organisation. Personne ne le sait, mais il est important de le rappeler : Emmanuel Macron a signé l'augmentation de la contribution française à l’Otan sur consigne de Trump.
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