Narva, Estonie : dernier arrêt avant Moscou
Aux confins orientaux de l’Union européenne, bordant le territoire russe, certaines régions portent encore l’empreinte de l’histoire soviétique. Elles se retrouvent aujourd’hui au cœur de recompositions géopolitiques accélérées par la guerre en Ukraine. C’est le cas de la ville de Narva, en Estonie.
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Située en Estonie, la ville de Narva n’est séparée de la Russie que par un fleuve. Près de 90 % de ses 50 000 habitants sont russophones et environ la moitié possède un passeport russe ou un statut juridique hérité de la période soviétique. Autant d’éléments qui nourrissent un scénario souvent évoqué : celui d’une intervention justifiée par la nécessité de « protéger les russophones », un argument déjà mobilisé par Vladimir Poutine ailleurs.
Ville presque entièrement détruite en 1944, Narva a été reconstruite par l’Union soviétique comme un modèle en soi, autour d’un projet industriel précis : l’immense usine
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