« Twin Peaks » : merci pour le dérangement
Arte propose les trois saisons de la série pionnière de David Lynch et Mark Frost.
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1991 : il y a une éternité. La France du second mandat mitterrandien et du Minitel compte seulement six chaînes de télévision. Hormis sur Canal+, la rediffusion des éternels mêmes feuilletons et séries est de mise, et la création en berne. Mais un soir de printemps déboule sur les écrans français un objet télévisuel non identifié, Twin Peaks, sur La 5 de Silvio Berlusconi. Une claque.
C’est pour rendre hommage à David Lynch, décédé début 2025, qu’Arte propose sur sa plate-forme de TV à la demande de voir ou revoir les deux premières saisons de cette œuvre devenue culte – qualificatif non galvaudé ici –, ainsi que la troisième, jamais diffusée en clair en France. À l’époque, il faut remonter au Prisonnier et à Chapeau melon et bottes de cuir pour trouver trace d’une telle originalité, faisant se croiser télévision grand public et cinéma d’auteur.
Le scénariste Mark Frost et le cinéaste David Lynch écrivent à l’époque un véritable soap opera – surnom de ces feuilletons populaires historiquement commandités par des marques de produits d’hygiène – pour mieux en tordre le concept. Le duo en reprend nombre de stéréotypes : l’enquête sur le meurtre de la reine du lycée, l’agent du FBI, le bon shérif local, le méchant homme d’affaires, les histoires de cœur, etc. Et ajoute au polar des ingrédients déjà croisés dans Eraserhead, Sailor et Lula ou Blue Velvet pour cuisiner le décalage : humour cocasse, personnages déconcertants (la femme à la bûche), séquences oniriques, esprits, apparitions…
SéminaleTwin Peaks danse
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