« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »
Marie-Laure Basilien Gainche, professeure de droit public analyse en quoi le règlement « Retour » voté aujourd’hui par le Parlement européen bafoue des droits fondamentaux. Pour elle, ces derniers sont perçus « comme des contraintes » par l’Union européenne dans la mise en œuvre de ses politiques d’éloignement.

© Julie Picard / Unsplash.
Expulser toujours plus, peu importe le droit. Ce jeudi 26 mars au Parlement européen, une grande majorité d’eurodéputés de droite, d’extrême droite et du centre, ont validé à 389 voix contre 206 (et 32 abstentions) l’entrée en négociation en trilogue du règlement « Retour ». Abrogeant la directive « Retour » de 2008, il vise à intensifier la politique d’expulsion des personnes sans papiers et à établir un système commun aux États membres de l’UE.
Ce règlement a d’abord été proposé par la Commission européenne en mars 2025 sous la pression des États membres, venant ainsi compléter le Pacte européen sur la migration et l’asile dont l'entrée en vigueur est prévue en juin prochain. Pour Marie-Laure Basilien Gainche, professeure de droit public, membre de l'Institut universitaire de France et de l'Institut Convergences Migrations (CNRS), ce texte qui viole les obligations de garantie des droits fondamentaux témoigne « d’une dérive illibérale réellement préoccupante ».
Quel regard portez-vous sur ce texte et la façon dont il a été élaboré ?
Marie-Laure Basilien Gainche : C’est toute l’économie générale de ce texte, dont les bases ont été posées par la Commission européenne en mars 2025, qui est condamnable. En commission et en séance plénière, le Parti populaire européen (PPE) a soutenu les positions les plus dures à l’encontre des migrants. Des positions prônées par l’extrême droite, ce qui lui a permis
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