Marc Bloch au Panthéon : l’indécence des droites

L’absence de Marine Le Pen et Jordan Bardella à la panthéonisation de l’historien et résistant marque un coup d’arrêt à leur stratégie de dédiabolisation. Encore faut-il que la droite suive…

Lucas Sarafian  • 23 juin 2026 abonné·es
Marc Bloch au Panthéon : l’indécence des droites
Plaque dans la salle Marc Bloch de la Sorbonne.
© Imabetheone / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

IIs n’avaient rien à faire là. Et ils l’ont bien compris. Marine Le Pen, Jordan Bardella et leurs troupes se sont tus. Avant de décider de ne pas prendre la route du Panthéon le 23 juin pour rendre hommage à Marc Bloch (1) cet historien, résistant, victime des lois antisémites de Vichy et tué par la Gestapo le 16 juin 1944. Ils ont eu raison. Il aurait été honteux qu’une figure du Rassemblement national (RN), ce parti fondé par d’anciens membres de la Waffen-SS, des collaborationnistes et des pétainistes, s’y rende.

« L’œuvre de ce patriote convaincu est profondément antinationaliste, construite contre le roman national et la réduction de l’histoire française aux frontières nationales. Cet engagement se concrétisa jusque dans la mort », a écrit la famille Bloch dans la lettre d’acceptation adressée en novembre 2024 à Emmanuel Macron et Bruno Roger-Petit, le conseiller mémoire du locataire de l’Élysée. Politiquement, l’affaire est plus que symbolique.

Car Jordan Bardella a bien tenté de s’approprier les mots de l’un des fondateurs de l’école des Annales. Dans une lettre adressée à Laurent Nuñez le 21 octobre 2025, le patron du RN demandait au ministre de l’Intérieur la publication du nombre d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire. Il citait une phrase tirée de L’Étrange Défaite : « Notre peuple mérite qu’on se fie à lui et qu’on le mette dans la confidence. » La ficelle n’est pas très originale du côté de l’extrême droite. Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen et Marion Maréchal se sont déjà livrés à cette grossière manœuvre il y a plusieurs années.

Une défaite pour Marine Le Pen, qui s’était rendue en février 2024 à la panthéonisation des résistants Missak et Mélinée Manouchian.

Compromissions

Mais, ce 23 juin, leur petit projet d’instrumentalisation s’arrête. Symboliquement, leur absence à cette panthéonisation dit clairement que le patriotisme de Bloch n’a rien à voir avec leur idéologie rance et xénophobe. Stratégiquement, elle marque un coup d’arrêt à leur

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Parti pris

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Temps de lecture : 4 minutes

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