Stérilet masculin : concevoir l’égalité hommes-femme
L’andrologue lilloise, spécialiste de la santé sexuelle et reproductive des hommes, s’est lancée dans la fabrication du premier stérilet masculin de l’histoire. Grâce à sa recherche, qui attise les curiosités, Julie Prasivoravong entend proposer une solution en faveur d’un meilleur partage de la charge contraceptive.
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© SEBASTIAN KAULITZKI / SCIENCE PHOT0 / SKX / Science Photo Library via AFP
En ce début d’été, il règne un certain enthousiasme dans les bureaux du Centre d’investigation clinique et d’innovation technologique (CIC-IT) de Lille. C’est au troisième étage de ce bâtiment aux mille fenêtres, rattaché au CHU de la ville, que Julie Prasivoravong travaille au projet d’une vie : l’élaboration d’un stérilet pour homme.
Ce type de contraception masculine n’a encore jamais été conçu. Il mènerait à un petit bouleversement anthropologique. « Les premiers essais précliniques ont été concluants. Nous venons de passer la première grosse étape », se réjouit la scientifique de 43 ans. Voilà bientôt quatre ans qu’elle poursuit sa quête.
Julie Prasivoravong reçoit dans le laboratoire qu’elle occupe avec sa petite équipe. Un univers feutré fait de murs blancs, d’ordinateurs, de microscopes et de tubes à essai.
« Ce que je veux, c’est permettre au plus grand nombre d’accéder à la contraception, afin de rééquilibrer l’égalité entre les hommes et les femmes », ambitionne la médecin andrologue, qui a délaissé la blouse blanche le temps d’une matinée. Le ton est assuré mais reste modeste. « Le processus est long, difficile et coûteux », reconnaît-elle.
Dans la voix de la chercheuse s’entend le souci de la clarté et de la pédagogie. Si le contraceptif révolutionnaire est encore tenu à l’abri des regards, son principe est simple : « Nous voulons développer une barrière mécanique au niveau des canaux déférents, qui empêche les spermatozoïdes d’arriver dans le sperme. »
L’invention, de son nom scientifique « implant contraceptif déférentiel », est présentée comme le pendant du stérilet féminin. Sa créatrice lui a trouvé un nom : Steom, la contraction de stérilet et d’homme. Il est prévu que le dispositif miniature – à peine un centimètre – soit posé en ambulatoire en quinze minutes. Pour ce faire, le praticien réalise une toute petite incision au niveau du scrotum, la poche de peau qui entoure les testicules.
Une fois positionné, le stérilet permet une dérivation du trajet des spermatozoïdes. Ceux-ci sont produits mais, plutôt que de rejoindre l’éjaculat, ils se déversent dans le scrotum avant d’être phagocytés naturellement par le corps.
« L’incision se referme ensuite toute seule, il n’y a pas besoin de points de suture, ni de pansement, ni de passage d’infirmière, ce n’est
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