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Publié le 22 avril 2009

Un nouveau label bio inutile et dangereux

Pourquoi les acteurs du bio s'obstinent-ils à scier la branche fragile sur laquelle ils sont assis ?

Toujours plus de labels bio ! Et allez donc, plus on est de fous, plus on rit, c’est bien connu. Au début du mois d’avril, l’association « Alternative bio » a décidé de lancer un nouveau label privé. Comme si le label officiel « AB » et les labels Demeter, Biodynamique, Lemaire et autres Nature et Progrès ne suffisaient pas à transformer beaucoup de consommateurs en points d’interrogation. Cette initiative, quelles que soient ses bonnes intentions affichées « pour une agriculture biologique plus cohérente, dans un souci de pérennité des structures et de cohérence agronomique » (comprenne qui pourra...) illustre à mes yeux la consternante exception française à se laisser aller à la scissiparité. Celle des associations qui se subdivisent éternellement et régulièrement au gré des ego de leurs présidents et au gré de leurs désirs de mieux (parait-il) faire. Alors qu’il aura fallu une bonne quinzaine d’années aux consommateurs à se familiariser (et avoir confiance) dans un label officiel du à la lutte opiniâtre de militants comme Philippe Desbrosses, voici donc des gens qui prennent le risque de semer la confusion en annonçant la création d’une nouvelle « garantie ». Garantie privée : quelle illusion ! Sous le prétexte que le label officiel, français et européen, ne serait plus tout à fait assez contraignant. Au risque de ruiner une identification en passe de réussir. Erreur manifeste et tragique de communication. Pas parfait le label AB ?

Peut-être, sans doute en partie, sur certains points. Mais oeuvrer pour une agriculture bio qui piétine alors qu’elle se développe en Italie (voir notre numéro spécial paraissant cette semaine), se serait de continuer à se battre à l’intérieur de ce qui existe et non pas à déserter et à semer la confusion. Ce qui revient à faire douter les acheteurs, voire à les détourner. Quel manque de discernement. Un seul espoir que ces brebis égarées échouent et décident de retrouver un peu de bons sens, comme je l’ai expliqué à l’un de ses promoteurs, vigneron dans le Bordelais il y a quelques jours. Ce n’est pas en divisant des forces déjà bien faibles en France qu’ils parviendront à ce objectif qui nous est commun : faire décoller le recours au bio par des consommateurs qui, enfin disent les sondages, réussissent à identifier un label qui a au moins le mérite d’être clairement identifiés par 80 % des Français.


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