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Publié le 16 juin 2009

Nicolas, es-tu conscient qu’un fossé se creuse entre le peuple et les phynances de ton trône ?

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L’ère sarkozienne s’est dotée d’un nouveau logiciel capitaliste, un magot qui se gave de la crise et pompe les finances. L’omniprésidence vit en effet sur un train royal avec un budget qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire de la Ve. C’est ce qu’on en déduit du rapport du député Renée Dosière, publié avant la présentation à l'Assemblée de la loi de règlement du budget 2008.

Budget de l'Elysée 2008

Le citoyen Dosière a décelé 113,182 millions d’euros de dépenses Elyséennes, « soit un rythme 7 fois supérieur à l’évolution du budget de l’Etat ». C’est la curée au palais : « On ignore le détail des dépenses courantes de fonctionnement qui atteignent 26 millions (+ 51 %) et recouvrent des postes aussi variés que les réceptions, l’alimentation, le téléphone, le courrier, les carburants, l’électricité, les fournitures administratives et informatiques, etc. ». L’allocataire du RSA, sous le vigoureux contrôle de Pôle emploi, ne peut imaginer ce qu'on lui interdit.

Le pointilleux député déplore le manque d’explications « précises et détaillées », en somme que le très dépensier représentant de la lutte des classes privilégiées cultive l’opacité de ces signes extérieurs de richesses élyséens : en novlangue capitaliste, on appelle ça une vertu. Que dit le rapport : « On ne cesse d’évoquer la maîtrise de l’évolution de la dépense, les efforts d’économie importants, les réductions drastiques, la régulation des coûts, les dépenses contenues, l’atténuation des hausses, les mise en concurrence qui permettent de réduire les prix. On appréciera la pertinence de ce florilège alors que la catégorie de dépenses ainsi commentées est passée de 17,2 millions (en 2007) à 26,0 millions (en 2008) soit + 51% et qu’elle était évaluée à 16,3 millions ! (soit un dépassement de 58,9 %). Qu’en serait-il si les coûts n’étaient pas maîtrisés ! On voit bien qu’il s’agit davantage de communication que d’analyse financière ».

Le Sarkozy est de ceux qui se livre au culte de l’argent roi et écrase du pied leurs promesses. Certains engagements ne valent que pour ceux qui y croient, dit-on en Sarkozie. Voici une anecdote : « Cette absence de transparence résulte de la volonté clairement proclamée qui consiste à afficher les mesures d'économie prises depuis l'arrivée du nouveau président ». L'Elysée met par exemple en avant la baisse du coût par invité de la garden party du 14 juillet, sans préciser que le nombre d'invités est passé de 5 500 en 2007 à 7 050 en 2008. Résultat, la facture globale de la fête s'est élevée à 475.523 euros en 2008, soit 13,4 % d'augmentation par rapport à 2007.

Dosière a osé employer ces mots : « Les restrictions budgétaires imposées aux administrations de l’Etat et que chaque fonctionnaire constate dans son travail quotidien, ne s’appliquent donc pas aux services de la présidence de la République. Une progression aussi forte mériterait quelques explications précises et détaillées. Tel n’est pas le cas. »

Et la machine sarkozienne s’emballe : « Ainsi, s’agissant du personnel – qui constitue la masse financière la plus importante –[70 millions d’euros]- un seul chiffre global est fourni sur les effectifs en fonction à l’Elysée – 1031 personnes – sans autre précision sur les affectations ou le nombre des contractuels, alors même que le nombre de personnes en poste à l’Elysée demeure incertain. Ainsi, les effectifs des fonctionnaires mis à disposition par les ministères à la fin de 2007 étaient selon les réponses de 860, 866, 872, 878, 880, 882. Six chiffres différents pour un même effectif, à la même date, cela fait désordre ».

Conclusion : le Sarkozy est un homme qui ne doit rendre de compte à personne et adresse au bas peuple cette leçon énoncée en 1964 par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron dans Les Héritiers : « Les classes privilégiées trouvent dans l’idéologie que l’on pourrait appeler charismatique (puisqu’elle valorise la « grâce » ou le « don ») une légitimation de leurs privilèges culturels, qui sont ainsi transmués d’héritage social en grâce individuelle ou en mérite personnel ».


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