Politis

Abonnez-vous à Politis

Tout Politis +

11 Par mois
  • Votre hebdomadaire et hors-série en version papier et numérique

  • Tous les articles du magazine et des articles inédits de la rédaction

  • Votre hebdo/hors-série en PDF

  • Lecture de l'hebdo/hors-série sur liseuse

Choisir cette offre
Pour toutes informations, contactez notre service Abonnement au 03 80 48 95 36 ou par e-mail à : abonnement@politis.fr

Offre découverte spéciale élections 23 numéros + 1 HS

49
Offre découverte spéciale élections 23 numéros + 1 HS
  • 23 numéros + 1 hors-série en version papier et numérique

  • Tous les articles du magazine et des articles inédits de la rédaction

  • Votre hebdo/hors-série en PDF

Je m'abonne

Web illimité

8 Par mois
  • Votre hebdomadaire et hors-série en version numérique

  • Tous les articles du magazine et des articles inédits de la rédaction

Choisir cette offre

Les autres offres

Offre découverte, administrations, offre solidaire, réabonnement…
Choisissez une offre

Soutenez la presse indépendante et découvrez les offres de notre kiosque. A partir de 8€/mois. :

blog /

Publié le 10 juin 2010

Val Varie

Illustration - Val Varie

Penchons-nous, si tu veux bien, sur l'éditorial publié dans l'hebdomadaire Charlie Hebdo le 14 novembre 2007 - six mois, donc, après l'élection de Sarkozy à la présidence de la République.

Cet édito a pour titre: «Enculé président» .

C'est à la fois sobre, et direct.

Son auteur - Philippe Val, alors directeur de la publication et de la rédaction de Charlie Hebdo et fameux héraut de la liberté d'expression - évoque ce qu'il appelle une «scène fondatrice du sarkozysme» , où, narre-t-il, «un homme perché sur ce qu'on imagine être un bastingage» - c'était, remember , un marin-pêcheur en colère - «interpelle le» nouveau «président: “Enculé.”» .

Puis où «le président de la République, menton en l'air, les deux mains en avant, les doigts pliés et dépliés en signe d'invite, lui répond: “Attends, attends, descends, toi, là...”»

Philippe Val demande: «À quoi réagit» ainsi «le président» ?

Philippe Val répond: «À l'insulte “enculé”» .

Philippe Val se gausse: en principe, explique-t-il, «on attend d'un président de la République qu'il défende l'honneur et la réputation de tous les Français, y compris de ceux qui trouvent ni plus ni moins indigne de se faire enculer que d'enculer» .

Mais là, ce n'est pas du tout ce qui se passe: là, «par sa réaction à ce qui n'est une insulte que dans la bouche des imbéciles, le président s'est idéologiquement rangé du côté de son insulteur: “Tu as raison, ceux qui se font enculer sont dégoûtants, et si tu me prends pour l'un d'eux, je te casse la gueule”» .

Après quoi, les années passent, et Philippe Val devient directeur de France Inter, avec, disons, la bénédiction du président dont il déplorait auparavant qu'il ne défende pas suffisamment «l'honneur de ceux qui trouvent ni plus ni moins indigne de se faire enculer que d'enculer» - mais envers qui, soudain, il se fait moins caustique.

Et voilà que l'autre jour - c'était le 20 mai - Didier Porte, à l'antenne de France Inter, fait dire à Villepin: «J'encule Sarkozy» .

Comment réagit Philippe Val, directeur de France Inter?

Philippe Val, directeur de France Inter, admoneste - rudement - Didier Porte.

Et bien sûr, c'est un peu décevant, parce qu'on attend a priori d'un directeur de France Inter qu'il défende l'honneur et la réputation de tous les Français - y compris de ceux qui trouvent ni plus ni moins indigne de se faire enculer que d'enculer.

Alors que là, force est de constater: Philippe Val, par sa réaction outrée à ce qui n'est une insulte que dans la bouche des imbéciles, donne assez fort l'impression, à l'aune des critères qu'il a lui-même définis dans son édito du 14 novembre 2007, de faire passer dans l'opinion le message que ceux qui se font enculer sont dégoûtants...

Illustration - Val Varie


Haut de page

Voir aussi

Articles récents