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Publié le 16 décembre 2011

Made in France: Sarkozy et Bayrou devraient expliquer pourquoi la France agricole importe autant de fruits et de légumes

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François Bayrou, Lou Ravi du Béarn, clame qu’il faut « acheter français » tandis que l’agité de l’Elysée lui réplique qu’il faut « produire français ». Les deux bons apôtres, comiques de la prochaine élection présidentielle, devraient nous expliquer pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits ou des légumes en provenance de l’étranger alors qu’il ne serait pas compliqué de les faire pousser sur le territoire français si le pouvoir et la droite ne songeaient pas qu’à favoriser les grands céréaliers. Ce qui entraîne une réduction de plus en plus dramatique du nombre des agriculteurs français qui n’exercent plus leurs talents que dans 320 000 exploitations qui n’emploient plus que 3,5 % de la population active du pays, soit environ 1,8 millions de salariés. Une situation qui s’aggrave depuis une dizaine d’années. Chiffres officiels du ministère de l’agriculture, comme ceux qui suivent.

Au cours des dix dernières années, les surfaces françaises plantées en pêches et nectarines, ont diminué de 13, 7 %, ce qui explique probablement que la production française ne représente, au mieux, que 15 % de la production européenne et que la France ait importé en 2011, 116 000 tonnes de ces fruits. Pour les pommes, qui ne sont pas non plus un fruit tropical, pourquoi la France en a-t-elle importé en 2010, dernière année de référence, 117 000 tonnes des autres pays européens et 166 000 tonnes du reste du monde ? Peut-être parce que le verger français de pommiers a diminué de 8% au cours des 5 dernières années. La surface plantée en poiriers a chuté de 18% : donc la France importe des poires dont elle ne produit que 190 000 tonnes. Tout comme elle importe 12 000 tonnes de cerises ou ne produit que 15 % de sa consommation annuelle de raisins de tables.

A tout cela s’ajoute des kiwis de Nouvelle Zélande alors qu’ils poussent très bien dans le sud de la France et sur la côte atlantique, les oignons de Nouvelle Zélande, les 100 000 tonnes de fraises venant des 26 autres pays de l’Union européenne et les 92 000 autres tonnes arrivant d’encore plus loin, y compris d’Egypte, du Maroc et même de Californie. Sans oublier les pommes de terre chinoises, l’ail mexicain, les centaines de milliers de tonnes de tomates, de concombres, de courgettes, de poivrons poussés ailleurs alors que ces produits pourraient être cultivés en en France, si la FNSEA et le gouvernement ne favorisaient pas cette version souvent ignorée de la délocalisation, si de grandes sociétés ne gagnaient pas plus d’argent en important qu’en encourageant les productions françaises.

Et il faudrait aussi se demander quelles sont les motivations qui poussent à faire venir de l’agneau congelé de Nouvelle Zélande, du porc d’Irlande, du veau d’Italie et 40 000 tonnes par an (grâce à un accord) de viande de boeuf des Etats Unis.

Il parait que la France est un grand pays agricole....


Au fait, quelle est la proportion d'objets "made in France" dans toutes les saloperies, colifichets et autres "produits artisanaux" vendus dans les horribles marchés de Noël qui se multiplient dans les petites et grandes villes françaises ?

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