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Publié le 12 janvier 2012

À fond l’emploi

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Face aux très mauvais chiffres du chômage, force est de constater l’échec de celui qui avait promis d’être le Président du pouvoir d’achat et du « travailler plus pour gagner plus » . Prière, donc, d’orienter l’action, ou au moins la communication gouvernementale, sur la lutte contre le chômage. On voit les ministres se précipiter au chevet d’entreprises à l’agonie et gesticuler en prétendant chercher des solutions. Dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, comme le révèle Rue89, le préfet est à la manœuvre. Un arrêté datant de fin novembre a assoupli les conditions d’accès aux contrats aidés jusqu’au 31 décembre. Les associations se voient accorder des contrats uniques d’insertion (CUI) ou des contrats d’accompagnement dans l’emploi qu’elles espéraient depuis des mois. Une autre circulaire, repérée par les Échos , stipule que plus de la moitié du budget alloué aux contrats aidés devra être dépensé au premier semestre. Ce sont donc 250 000 CUI sur les 340 000 prévus en 2012 qui seront distribués avant les élections pour éviter, provisoirement (ces contrats sont d’une durée de six mois), de passer la barre fatidique des 3 millions de sans-emploi.

Le gouvernement cherche visiblement aussi à valoriser les rares actions ayant eu un possible impact sur le chômage. Comme la lutte contre le décrochage scolaire. Mercredi 4 janvier, le « Journal de 20 heures » de France 2 a ainsi consacré un long sujet au recensement des décrocheurs et aux formations complémentaires qui leur sont proposées pour leur mettre le pied à l’étrier du travail. La présentation qu’en a faite David Pujadas est assez révélatrice. Deux fois de suite, il a insisté évoquant «  l’une des racines structurelles du chômage   » puis «   les décrocheurs, [qui sont] bien l’une des causes durables du chômage   » . En l’absence de bilan de ce dispositif initié en mai 2011, on ignore combien de jeunes sortis sans diplôme du cursus scolaire ont pu être repêchés. On sait simplement que grâce à un nouveau fichier, on en a recensé 306 000, dont 80 000 déjà inscrits à Pôle emploi et 60 000 en stages. Pas de quoi aplatir la courbe.

La création de ce fichier des décrocheurs, voulu par Sarkozy, inquiétait en 2010. Qu’en est-il ? Pudiquement rebaptisé « Système interministériel d’échanges d’information » (SIEI), il permet, par recoupements automatiques des fichiers de l’Éducation nationale (Sconet-SDO pour les lycées et Inca pour les CFA), du ministère de l’Agriculture (Predecagri) et des missions locales (Parcours), de recenser par listes successives les élèves de plus de 16 ans ayant quitté l’école l’année précédente sans diplôme et non rescolarisés. La Cnil semble avoir veillé au grain. Les données sont limitées (identité, numéro INE, responsable légal, dernier établissement, diplôme, suivi par une mission locale) et conservées deux ans. Seules les données concernant leur zone d’intervention sont transmises aux responsables des plateformes locales de suivi du décrochage (nommé par les préfets) et aux missions locales. Les échanges sont sécurisés et aucun commentaire ne peut être ajouté. Seul bémol, la Cnil a accepté un retour d’informations vers les établissements de formation initiale (leurs anciens élèves uniquement), en l’assortissant d’une obligation d’effacement au bout d’un an. On espère qu’elle fera des contrôles réguliers, histoire que ces jeunes ne restent pas marqués « décrocheurs » à vie.


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