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Publié le 17 mars 2012

Le paysage présidentiel s'éclaircit

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Illustration - Le paysage présidentiel s'éclaircit
Close depuis hier 18h, l’étape du recueil des 500 parrainages requis pour être candidat à l’élection présidentielle clarifie le paysage politique. S’il faut encore attendre les vérifications du Conseil constitutionnel pour connaître officiellement le nom des candidats – cette communication se fera lundi vers 17h30 –, il paraît très probable qu’ils ne seront que dix à briguer la magistrature suprême. Même si Corinne Lepage (Cap21) refuse encore de s’avouer vaincue et espère que le Conseil constitutionnel aura reçu directement assez de parrainages pour compléter les 475 dont elle se dit « sûre ».

Dix, c’est peu en regard du nombre incroyable de prétendants qui, au fil des semaines, avaient fait connaître leur intention de se porter candidat. Parmi eux, beaucoup de fantaisistes. Quelques illuminés également. Sans oublier les petit caudillos de micro-partis en mal de reconnaissance et quelques vieilles gloires. Les curieux en découvriront la liste sur le blog de Laurent de Boissieu, un journaliste à La Croix qui a la patience et la précision d’un entomologiste. Parmi les très nombreux éliminés, signalons Jean-Marc Governatori (Alliance écologiste indépendante), qui n'a finalement pu rassembler que 433 signatures, selon ses dires. Ou l’ancien secrétaire général du FN Carl Lang, représentant l'Union de la droite nationale (UDN) qui fédère plusieurs mouvements d'extrême droite, qui a reconnu que ses 447 parrainages étaient insuffisants. Mais le plus gros bide reste l’échec de Dominique de Villepin. L'ex-Premier ministre, qui ne s’était encore jamais présenté à aucune élection, attendait un « miracle républicain » ; il ne s’est pas produit. Et il est difficile de croire qu’un ancien secrétaire général de l’Elysée, qui a été ministre de l’Intérieur et a occupé deux ans Matignon, ait pu échouer à recueillir 500 signatures d’élus.

Dix candidats, c’est dans la moyenne des élections présidentielles de la Cinquième république. C’est beaucoup plus qu’en 1965 (six candidats) ou 1969 (sept candidats), et bien moins qu’en 2002 (16 candidats) qui reste un cru record. Mais dans les autres scrutins, le nombre de candidats était assez similaires : douze en 1974, onze en 2007, dix en 1981, neuf en 1988 et 1995.

Ce constat tout bête est à opposer à ceux qui craignent une dispersion des votes. N’était l’exception Jacques Cheminade (0,28% en 1995), les candidats que l’on retrouve à la sortie du filtre de la « présentation » de candidature imaginé pour éliminer les candidatures fantaisistes représentent les grands courants de la vie politique : l’extrême droite de toujours (Marine Le Pen), le RPR canal historique (Nicolas Dupont-Aignan dans le rôle de Michel Debré et Marie-France Garaud en 1981), le RPR opportuniste (Nicolas Sarkozy), l’UDF maintenue (François Bayrou), la gauche timide (François Hollande), la gauche radicale et partageuse (Jean-Luc Mélenchon), l’écologieTM (Eva Joly) et l’extrême gauche trotskyste aux deux courants bien établis depuis la présidentielle de 1974 quand Arlette Laguiller et Alain Krivine se concurrençaient déjà (Nathalie Arthaud et Philippe Poutou). Pas de quoi donc s’inquiéter d’une palette politique trop étendue. Les candidats en présence incarnent chacun des courants réels, légitimes et bien différenciés. Les tenants du « vote utile » pour le candidat de gauche le plus centriste y perdent un argument. C’est déjà ça.


Photo: Gabriel Laurent / phototheque.org

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