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Publié le 27 mars 2013

«L'inacceptable» gagne les rangs du PS

Un ministre, Arnaud Montebourg, et un député, Pascal Cherki, estiment que Jean-Marc Ayrault et François Hollande sont restés des élus locaux. Rude.

Petit doigt me dit que ce diable de Mélenchon commence à faire école jusque dans les rangs du PS. J’en veux pour preuve deux informations tombées hier.

Illustration - «L'inacceptable» gagne les rangs du PS

Ayrault, élu local

La première n’est pas de première fraîcheur puisqu’il s’agit de propos rapportés dans un livre dont L’Express publie les bonnes feuilles1, propos néanmoins inédits. On y apprend qu’au cours de l’échange téléphonique musclé qu’Arnaud Montebourg a eu avec Jean-Marc Ayrault, le samedi 1er décembre, au lendemain de l’annonce par le Premier ministre de l’accord passé avec Arcelor-Mittal qui « sauve » Florange, le ministre du Redressement productif aurait lâché :
« Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dont tout le monde se fout !

Tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes ! »

L’insolent aurait même dit, quelques minutes plus tôt, à François Hollande qui le recevait dans son bureau :
« C'est bien simple, tu as nommé un élu local à la tête du gouvernement !

[...] Il a l'envergure d'un élu local, il aurait dû rester un élu local ! »

Deux semaines auparavant, Jean-Luc Mélenchon , agacé par les « blagues à deux balles » du même Premier ministre, avait déclaré sur France 5 :
« Ayrault est un petit politicien de province sans imagination »
Ce qui avait suscité des déclarations outragés de plusieurs représentants de ce que @panouille, mon excellent voisin de palier sur ce site, appelle depuis longtemps « le parti solferinien ». Et notamment de la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

Hollande, conseiller général

La seconde s'est produite hier après-midi. Entre deux séances de l’Assemblée, le député de Paris, Pascal Cherki, que l’on avait croisé au départ de la manifestation syndicale contre l’accord sur l’emploi, le 5 mars, s’en est pris, face caméra, à François Hollande, qu’il a appelé à « arrêter de jouer petit bras » et de nous servir sa « novlangue imbitable » (le nouveau modèle français, le redressement dans la justice…) :
« Quand on est président de la France, on n'est pas conseiller général de canton, on prend la mesure de la situation et on change de braquet.

"François Hollande n'a pas été élu pour conduire le peuple français sur le chemin sans fin de l'austérité et de la rigueur. Ce n’est pas cela le rêve français.»

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Ces propos ont bien évidemment été « fermement » condamnés par Harlem Désir qui les a jugés « inacceptable » , lors de la réunion du Bureau national du PS en fin d’après-midi :
« Ce qui est attendu aujourd'hui d'un député qui doit son élection au PS et qui a été élu dans la foulée de François Hollande, c'est d'être mobilisé derrière le président de la République »
Les (très) mauvaises langues auront noté que la mise en demeure du patron du PS rappelle plus la devise d’un parti des années 30, « tu dois tout au parti, le parti ne te doit rien » , que la liberté de débat inscrite dans les statuts du PS. Pour ce qui nous concerne, nous nous contenterons de relever que la qualificatif « inacceptables » était déjà celui employé samedi par le même Harlem Désir pour condamner les propos de Jean-Luc Mélenchon sur Moscovici.

Mais peut-être que l'aspect le plus inacceptable de la sortie de Pascal Cherki réside dans sa dénonciation de la paralysie de l'Europe « en raison des égoïsmes nationaux » , rapportée par l’AFP :
« Ces égoïsmes sont venus de l'entêtement, de l'obsession de Mme Merkel qui se comporte avec le même entêtement, la même obsession que nous avons eus, nous, les vainqueurs de la Première Guerre mondiale, avec l'Allemagne en 1919. »
Cela aussi n’est pas très éloigné de ce que disent Mélenchon et ses amis…

Si bien que jeudi, à la télévision, François Hollande devra peut être d’abord convaincre sa propre majorité .



  1. Florange, la tragédie de la gauche (Plon, à paraître le 4 avril) cosigné des journalistes politiques Valérie Astruc et Elsa Freyssenet 


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