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Publié le 28 décembre 2013

Valls: le piège infernal de l'affaire Dieudonné

Qu’il soit bien clair que je vomis les propos et les racismes, subliminaux ou revendiqués, de Dieudonné. Mais je ne suis pas certain qu’il faille interdire ses spectacles. D’abord parce qu’il s’agit d’une publicité à son site et à ses agissements. Mais il y a autre chose : partant du principe que la liberté d’expression existe et que les délits de racisme et autres incitations à la haine ne sont logiquement sanctionnés seulement après avoir été commis, le ministre de l’Intérieur et le gouvernement vont se contorsionner pour inventer une sorte de « délit d’intention » à partir de la législation existante ou, pire, faire voter une loi qui réprimera le soupçon d’avoir l’intention de tenir des propos racistes et haineux envers une partie de la population. Dieudonné ne mérite pas de devenir un martyr, il faut juste le considérer comme un délinquant...

De plus, il ne faut pas avoir beaucoup d’imagination pour craindre qu’un tel précédent (réprimer une intention de délit) soit ensuite utilisé, notamment par la droite, pour sanctionner des politiques gênants, des syndicalistes, des militants ou des organisateurs de réunions publiques ou manifestations qu'un pouvoir interdira ou sanctionnera pour « intention de troubles à l’ordre public » .

Je fantasme ? Que nenni : que le lecteur se souvienne de la création en 1998 (par la gauche) du FNAEG, le Fichier National des Empreintes Génétiques. Comme il ‘agissait, pour le législateur, de permettre de retrouver et de ficher des auteurs de délits et crimes sexuels, notamment envers les mineurs, nul n’osa s’y opposer. En dehors de quelques grincheux, dont je fis parti, expliquant qu’une dérive était possible. On me rétorqua comme à d’autres : « quoi ? Vous voulez protéger les délinquants sexuels ? Vous ne voulez pas préserver les enfants ? » . Argument réputé imparable ! Mais évidemment, par glissements législatifs ou réglementaires progressifs de la période Sarkozy (à l’Intérieur puis à la Présidence) ce FNAEG fut transformé en outil à ficher tous les Français, en commençant par les politiques, les militants, les syndicalistes et les manifestants. Car alors qu’en1998, il fallait avoir été condamné pour un crime sexuel pour entrer dans le fichier, il y a désormais 145 crimes et délits qui autorisent un juge ou la police à exiger la prise de l’empreinte génétique, notamment pour « Menace à l’ordre public ». Parfois, de plus en plus souvent, une garde à vue suffit…

Comme quoi il est toujours dangereux, pour la Gauche, d’inventer une législation ou une forme de répression que la Droite pourra ensuite utiliser, dévoyer et multiplier…


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